Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/835

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l’huile d’anis vert, & de véritable fleur de soufre qu’on a fait dissoudre ensemble.

On appelle des Charlatans, vendeurs de baume, qui vendent des onguents ou des huiles pour les plaies, qu’ils nomment abusivement de ce nom. Ils vendent aussi une certaine liqueur pour le fard, qu’ils appellent du baume blanc.

Baume, suivant quelques Chimistes, n’est autre chose que l’ame du sel commun extraite par l’art. Ils le font dissoudre à l’humide, & ils mettent la résolution bien clarifiée dans du fumier de cheval pour la putréfier pendant deux ou trois mois, & ensuite ils la font distiller fortement avec feu de sable ; il en monte une onctuosité précieuse, dans laquelle mettant tremper les choses les plus corruptibles, elles demeureront éternellement entières. Ils disent que c’est par ce moyen que les Anciens & les plus curieux ont conservé des corps entiers sans les réduire en momies, & que c’est ainsi que fut conservé le corps d’une femme dont parle Volaterran, qui fut trouvé dans un Mausolée près d’Albane du temps d’Alexandre VI, lequel par son ordre fut jeté secrètement dans le Tibre pour éviter l’idolâtrie ; car il paroissoit vivant & très-beau, quoiqu’il fût mort il y avait treize siècles

Baume Universel, en termes de Philosophie hermétique, c’est l’élixir parfait, un remède rare & universel, qui produit des choses étonnantes dans la nature.

Baume, se dit aussi d’une certaine composition noirâtre de bonne odeur, que l’on porte dans de petites boîtes. La bile en est l’huile de muscade, à laquelle on ajoute le storax, & autres choses semblables, suivant l’odeur qu’on veut lui donner.

Baume, est aussi une petite herbe qu’on met dans les fournitures de la salade. Elle est odoriférante. C’est une espèce de menthe.

Baume, se dit figurément de ce qui est de bonne odeur, ou qui cause la guérison. A l’ouverture des Reliques de ce Saint, il en sortit un baume précieux qui parfuma tout l’air d’alentour. La grâce que les Sacremens confèrent est un baume qui guérit toutes les plaies de nos âmes. Le baume que l’on mêle avec l’huile pour faire les onctions dans les Sacremens & les cérémonies ecclésiastiques, signifie, selon Amalarius Fortunatus, la bonne odeur des vertus que doit répandre celui à qui on l’applique. L’auteur Arabe du Giavaheral Bokhur, Histoire abrégée de l’Egypte, écrit que le Baume de Matharée auprès du Caire, en Egypte, étoit fort recherché des Chrétiens, à cause de la foi qu’ils y avoient. Il veut dire que les Chrétiens se servoient de ce baume pour faire le crême de la Confirmation. d’Herb. C’est une preuve de la créance de l’Eglise Catholique sur ce sacrement.

☞ On dit proverbialement, qu’une chose fleure comme baume ; pour dire, qu’elle sent bon. On le dit au figuré d’une affaire qui paroît bonne & avantageuse.

☞ On dit encore que la réputation de quelqu’un fleure comme baume, pour dire, qu’il jouit d’une bonne réputation.

Baume, signifie en Provence & en Dauphiné une Caverne. On y appelle Sainte Baume, la Caverne que l’on prétend avoir été habitée par sainte Magdelaine. La pluie qui tombe sur le rocher de la Sainte Baume, qui est tout fendu & crevassé, & où il n’y a point d’herbe, pénètre dans la grotte en très-peu d’heures, à 67 toises au dessous de la superficie du rocher, & y forme une très-belle citerne. De la Hire, Acad. des Sc. 1703. pag. 61. Chorier dit qu’il signifie tantôt une grotte, & tantôt un Territoire coupé de valons, & couvert de bois, & que c’est ce que signifie Αλμα en grec, d’où il dérive. M. Ménage croit que ce mot a été pris du latin barbare balsima, qui se trouve en cete signification dans les Capitulaires de Charles le Chauve. Le P. Mabillon, Annal. Bened. Lib. I. p. 24. prétend que balma est un ancien nom gaulois, qui signifoit un rocher, rupes. M. de Valois dit, Notit. Gall. pag. 74 ; que balma en Italie signifie un antre ; qu’en gaulois il croit que baume signifie un antre, ou une caverne, sur-tout si elle est sur une montagne, ou sur un lieu élevé. Voyez Balme.

☞ BAUME les moines. Abbaye de France, en Franche-Comté, près de Lons le Saunier, au Diocèse de Besançon, Ordre de S. Benoît de la Congrégation de Clugni.

☞ Baume les nones, ou Beaune les nonains. Petite ville de France, sur le Doux, en Franche-Comté.

☞ Baume les nones. Abbaye de filles, en France, dans la Franche-Comté.

BAUMIER. s. m. Arbre de baume, ou qui porte le baume. Balsamum. Le Traducteur de Dapper s’est servi de ce mot p. 62. Il n’y a pas long-temps, dit-il, qu’on s’est apperçu du gain qu’il y avoit à faire, & qu’il est devenu si précieux & si cher en Orient (le baume.) Dès que les Arabes y eurent pris garde, ils s’empresserent à transplanter les jeunes Baumiers des terres monteuses & arides dans les jardins fertiles & cultivés ; de sorte qu’il en a maintenant des vergers tout pleins. ☞ Quelques-uns appellent du nom commun Baume, la gomme & la plante d’où elle découle. Pourquoi ne diroit-on pas Baumier, quand ce ne seroit que pour ôter l’équivoque. D’ailleurs, ce mot se trouve ailleurs que dans le Traducteur de Dapper.

☞ BAVOCHÉ, ÉE. adj. Terme de Gravure & d’Imprimerie. Il se dit d’un trait de burin, d’un contour qui n’est pas net, & d’un caractère qui n’imprime pas nettement. Une épreuve bavochée.

BAVOCHER. v. n. Terme de Doreur en détrempe. Il se dit pour exprimer l’effet des taches que le jaune ou l’assiette fait en coulant sur le blanc qui doit servir de fond à la dorure. Les Imprimeurs se servent du terme de bavocher pour faire entendre qu’une impression n’est pas assez nette, & qu’elle est brouillée par de petites taches qui paroissent entre les lignes & aux extrémités des pages. Bavocher & papilloter sont termes synonymes.

BAVOCHURE. s. f. Défaut de ce qui est bavoché. Bavochure se dit des traits de Graveurs qui ne sont pas nets. Les Graveurs à l’eau forte sont obligés d’ébarber les bavochures avec le burin.

BAVOIS, ou BAVOUER. s. m. Ancien terme de monnoie. On appelle ainsi la feuille de compte, où est contenue l’évaluation des droits de Seigneurie, foiblage, écharcetée & brassage, suivant le prix courant que l’Ordonnance attribue à l’or, argent & billon, en œuvre, & hors d’œuvre.

☞ BAVOLER. s. m. Terme de Fauconnerie. Vol des perdrix qui n’est pas élevé. On le dit aussi des autres oiseaux. Quelques-uns écrivent bas voler.

BAVOLET. s. m. Coiffure des jeunes paysannes auprès de Paris, qui se fait de linge délié & empesé, & qui a une longue queue pendante sur les épaules. On pouroit l’appeler en latin capital, par analogie au linge dont les femmes avoient la tête couverte dans les sacrifices, & qui portoit ce nom, au rapport de Festus. Chiffonner le bavolet. Vous voulez faire voir dans vos trophées amoureux, des calles, & des bavolets. Scar.

On dit figurément d’une jeune paysanne, que c’est un joli bavolet.

Loin de la Cour, je me contente
D’aimer un petit bavolet. Bois-R.

Ce mot est formé de bas-volet. Volet se disoit autrefois pour voilet, & voilet est un diminutif de voile : de-là on a appelé bavolettes les jeunes paysannes qui portoient ces sortes de coiffures. Huet. De bavolette on dit en Normandie filer bavol ; pour dire, filer inégalement, faire du fil qui n’est pas égal, parce que les jeunes bavolettes, peu savantes en l’art de filer, filent ainsi. Id.

☞ On appelle aussi bavolet chez les Marchandes de Modes & Coiffeuses la seconde pièce d’une coiffure qui n’a point de barbes, qui forme le dessus de la tête. C’est aussi sur le bavolet que l’on monte le fet qui forme le gros pli du milieu.

BAVON. s. m. Nom propre d’homme. Bavo. S. Bavon, en flamand S. Baef, qui avoit été nommé Allowin sur les fonts du Baptême, d’une très-noble famille du pays de Hasbain, ou Haspengaw dans le Brabant Lié-