Page:Diderot - Œuvres complètes, éd. Assézat, VI.djvu/28

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maître s’étendit aussi sur son grabat, mais n’y dormit pas de même. Dès la pointe du jour, Jacques sentit une main qui le poussait ; c’était celle de son maître qui l’appelait à voix basse : Jacques ! Jacques !

jacques.

Qu’est-ce ?

le maître.

Il fait jour.

jacques.

Cela se peut.

le maître.

Lève-toi donc.

jacques.

Pourquoi ?

le maître.

Pour sortir d’ici au plus vite.

jacques.

Pourquoi ?

le maître.

Parce que nous y sommes mal.

jacques.

Qui le sait, et si nous serons mieux ailleurs ?

le maître.

Jacques !

jacques.

Eh bien, Jacques ! Jacques ! quel diable d’homme êtes-vous ?

le maître.

Quel diable d’homme es-tu ? Jacques, mon ami, je t’en prie.


Jacques se frotta les yeux, bâilla à plusieurs reprises, étendit les bras, se leva, s’habilla sans se presser, repoussa les lits, sortit de la chambre, descendit, alla à l’écurie, sella et brida les chevaux, éveilla l’hôte qui dormait encore, paya la dépense, garda les clefs des deux chambres ; et voilà nos gens partis.

Le maître voulait s’éloigner au grand trot ; Jacques voulait aller le pas, et toujours d’après son système. Lorsqu’ils furent à une assez grande distance de leur triste gîte, le maître, enten-

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