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Il y a une espece de mangoustan sauvage d’Amérique que les Portugais appellent mato, moins beau que le vrai mangoustan, & dont le fruit n’est pas bon à manger. (D. J.)

MANGOUSTE, ichncumon, s. f. (Hist. nat.) animal quadrupede qui a, depuis le bout du museau jusqu’à l’origine de la queue, un pié neuf pouces de longueur, celle de la queue est d’un pié & demi. La mangouste a les jambes de derriere un peu plus longues que celles de devant, les oreilles très-courtes, larges & arrondies, la queue grosse à son origine & terminée en pointe. Le ventre est d’un roux jaunâtre, tout le reste du corps a des poils variés de noirâtre & de blanchâtre. On trouve cet animal en Egypte. Voyez le regne animal de M. Brisson. La mangouste est fort agile & si courageuse, qu’elle ne craint pas de se battre contre un grand chien ; elle a le museau si effilé, qu’elle ne peut pas mordre les corps un peu gros. Elle se nourrit de limaces, de lezards, de cameléons, de serpens, de grenouilles, de rats, &c. & elle recherche par préférence les poules & les poussins. On l’apprivoise & on la garde dans les maisons comme un chat. Les Egyptiens lui donnent le nom de rat de Pharaon. Rai. synop. anun. quadr. Voyez Quadrupede.

MANGRESIA, (Géog.) ville de Turquie en Natolie, dans l’Aidra-ili, sur le Madre, au pié des montagnes, à 70 milles de Smyrne. C’est la Magnésie du Méandre des anciens. (D. J.)

MANGUE, s. m. (Bot. exot.) arbre étranger nommé mangas, sive amba par J. B. 173. arbor mangifera de Bontius 95. Jous. dendre 72. mar, sive mau H. M. 4. 1. tab. 1. 2. manga indica, fiuctu magno, retiformi Ray, H. 2. 1550. Commel flor. mal. 1. 170.

On distingue le mangue cultivé & le sauvage.

Le mangue cultivé est un grand arbre de 40 piés de haut, & de 18 ou 20 piés de diametre, étendant ses branches au loin à la ronde, toujours verd, & portant du fruit deux fois par an, depuis six ou sept ans jusqu’à cent. On le multiplie, soit en greffant, soit en le semant, dans le Malabar, à Goa, à Bengale, à Pégu, & dans plusieurs autres contrées des Indes orientales. Son fruit est d’une figure ronde, oblongue, plate, tant soit peu recourbé ou creusé par les côtes, fait en forme de rein, plus gros qu’un œuf d’oie, poli, luisant, d’abord verd, marqueté de blanc, tirant ensuite sur le jaune, enfin d’une couleur d’or. Sa pulpe est jaunâtre & succulente, assez semblable à celle de la pêche ou plûtôt de la prune, d’abord acide, ensuite aigre, douce & agréable au goût. Elle contient un noyau oblong, comprimé, lanugineux, dur, ténace quoique mince, & renfermant une amande calleuse, oblongue, assez semblable au fruit qui porte parmi nous le même nom, de la même grosseur, & d’un goût tant soit peu amer & assez agréable.

Il y a différentes sortes de ce fruit, comme nous avons différentes pommes & poires ; il se diversifie selon les contrées d’où il vient. L’espece qui est sans noyau & qui est très-agréable au palais, passe pour un caprice de la nature ou pour un fruit qui dégénere. On le coupe par morceaux, & on le mange crud ou macéré dans du vin : on le conserve aussi confit. Les Indiens l’ouvrent quelquefois avec un couteau & le remplissent de gingembre nouveau, d’ail, de moutarde & de sel, pour le manger avec du riz ou comme des olives dans leur saumure.

Le mangue sauvage est plus petit que le domestique : ses feuilles sont plus courtes & plus épaisses ; son fruit est gros comme un coing, de couleur verte & resplendissante, peu charnu, empreint d’un suc laiteux & venimeux. Son noyau est fort gros & dur. Les Portugais appellent ce fruit mangas bravas. (D. J.)


MANGUERA, s. m. (Hist. nat. Bot.) arbre des Indes orientales qui est de la hauteur d’un grand poirier, mais ses feuilles font plus grandes & plus minces. Son fruit est verd à l’extérieur, sa chair est d’un blanc jaunâtre ; il est fort pesant & suspendu par une queue très-longue : on l’appelle mangue ou mangoué. Tous les voyageurs disent que son goût est délicieux. Le tems de sa maturité est dans le mois d’Avril, de Mai & de Juin. On le cueille verd pour le laisser mûrir dans les maisons. On le confit, soit dans du sucre, soit dans du vinaigre ; on fait, avec celui qui a été confit de la derniere façon, des salades que l’on nomme achar.

MANHATAM, (Géog.) les François disent Manhate ; île de l’Amérique septentrionale, sur la côte de la nouvelle Yorck, entre l’île Longue & le continent, à l’embouchure de la riviere Hudson, qui a pris son nom de Hudson, navigateur anglois, qui la découvrit en 1609.

MANHARTZBERG, (Géog.) contrée d’Allemagne entre la haute Autriche, la Bohème, la Hongrie & le Danube. C’est la partie septentrionale de la basse Autriche.

MANHEIM, (Géog.) en latin moderne Manhemium, ville d’Allemagne dans le bas Palatinat, avec une citadelle & un palais où l’électeur Palatin fait souvent sa résidence. Les François la prirent en 1688 & en démolirent les fortifications, mais on les a relevées. Manheim est au confluent du Necker & du Rhin, à 4 lieues N. E. de Spire, 3 O. d’Heidelberg. Long. 26. 8. lat. 49. 25. (D. J.)

MANI, s. m. (Hist. mod.) titre qu’on donne dans le royaume de Loango en Afrique à tous les grands officiers, aux gouverneurs & aux ministres du roi. Le mani-bomma est le grand amiral ; le mani-mambo est le général en chef & gouverneur d’une province ; le mani-beloor est le chef ou le surintendant des sorciers & devins ; le mani-bellulo est une espece de souverain indépendant ; le mani-canga est le chef des prêtres ; le mani-matta est le capitaine des gardes du roi, &c.

Mani, (Géog.) ce mot dans la basse Guinée veut dire le seigneur, le roi de Congo. Quelques auteurs, faute de savoir la signification du mot mani, ont fait du Congo & du Manicongo deux états de la basse Guinée différens l’un de l’autre. (D. J.)

MANIA, s. f. (Mythol.) divinité romaine. Elle passoit pour la mere des dieux lares, qui présidoient aux carrefours, lares compitalitii. On lui offroit le jour de sa fête, qui étoit le même que celui de ses enfans, des figures de laine, en pareil nombre qu’il y avoit de personnes dans chaque famille ; on la prioit de s’en contenter, & d’épargner les personnes qui lui rendoient cet hommage. (D. J.)

Mania, (Géog. anc.) ville de la Parthie, selon Pline. Le P. Hardouin croit que ce peut être la Zania de Ptolomée ou la Genonia d’Ammien Marcellin.

MANJA, s. m. (Com.) poids d’usage en quelques endroits de la Perse, mais sur-tout dans le Servant & aux environs de Tauris. Il pese douze livres un peu legeres. C’est au manja que se vend le pugnas, racine propre à la teinture.

MANIABLE, adj. (Gram. & art. méchan.) qui se manie facilement, ou qui se prête facilement à l’action de la main. On dit d’un drap qu’il est doux, & maniable ; d’un cuir ou d’une peau bien travaillée, qu’elle est maniable ; d’un fer, lorsqu’il est refroidi, qu’il est maniable : alors maniable a une acception différente ; il désigne qu’on peut toucher sans se blesser. Maniable se prend aussi au moral, & l’on dit d’un homme d’une humeur difficile, qu’il n’est pas maniable.

MANJAPUMERAM, s. m. (Bot. exot.) grand arbre des Indes occidentales, que nous ne connoissons que