Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 11.djvu/433

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propriété est prouvée par une expérience journaliere.

L’échalote & la ciboule sont fort analogues à l’oignon. La premiere de ces racines l’est cependant encore davantage à l’ail. Voyez Ail. Ce que nous avons dit de l’oignon crud convient presque absolument à la derniere. (b)

Oignon marin, (Mat. médic.) Voyez Scille.

Oignon musqué, (Botan.) genre de plante, connu des Botanistes sous le nom de muscari. Voyez Muscari, Botan.

Oignon, terme de Chirurgie vulgaire, est une dureté qui vient au pié à la base du gros orteil : c’est une espece de cors. Lorsque sa racine est simplement dans la peau, il n’est que cutané : quelquefois ses racines vont jusqu’aux ligamens & au périoste.

Ces oignons sont quelquefois fort douloureux, s’enflamment & suppurent. J’ai vû un amas de synovie sous l’enveloppe calleuse d’un oignon : le malade a guéri par l’usage de l’esprit de térébenthine introduit dans la plaie.

Les oignons sont en général plus incommodes que dangereux : on les diminue en les coupant, après avoir fait tremper le pié dans le bain tiede ; il ne faut pas aller trop au vif de crainte d’accident ; par une longue macération réitérée, on parvient à les détacher sans se servir d’instrument tranchant.

Le meilleur topique est le galbanum ou la gomme ammoniaque amollie dans le vinaigre & appliqués en forme d’emplâtre. Voyez ce que nous avons dit au mot Cor. (Y)

OINDRE, v. act. (Gram.) enduire d’huile ou de quelque autre substance grasse & molle : on oint le papier, le bois, les corps des animaux. Dans le fetichisme, la plus ancienne, la plus étendue, & la premiere de toutes les religions, à les considérer selon leur histoire hypothétique & naturelle, ceux qui prenoient pour fétiche une pierre l’oignoient afin de la reconnoître : de-là vint dans la suite la coutume d’oindre tout ce qui porta sur la terre quelque caractere divin & sacré ; mais avant les prêtres, les rois, & long-tems avant, l’oint fut un morceau de bois pourri, une paille, un roseau, un caillou sans prix, en un mot la plûpart des choses précieuses ou viles, sur lesquelles se portoit l’imagination des hommes, frappée d’admiration, de crainte, d’espoir, ou de respect. On dit de Jesus-Christ, qu’il fut l’oint du Seigneur. Le Seigneur a dit, gardez-vous de toucher à mes oints : ces oints sont les rois, les prêtres, les prophetes.

OINGTS, s. m. pl. (Hist. eccles.) hérétiques anglois dans le xvj. siecle, qui disoient que le seul péché qu’on pouvoit faire au monde, étoit de ne pas embrasser leur doctrine. Genebrard, in Pio 5.

OING, s. m. (Gramm.) vieux oing, graisse de porc qui se tient aux reins : c’est avec cette graisse rance qu’on frotte les essieux des voitures, les rouleaux des presses, &c.

OINOMANCIE, s. f. (Hist. anc.) divination par le moyen du vin, soit qu’on en considérât la couleur, soit qu’en le buvant on s’attachât à remarquer scrupuleusement toutes les circonstances qui arrivoient pour en tirer des présages. Virgile dans le quatrieme livre de l’Enéide nous donne un exemple de la premiere espece.

Vidit thuricremis cum dona imponeret aris,
(Horrendum dictu) latius nigrescere sacros,
Fusaque in obscænum se vertere vina cruorem.

Et dans le Thyeste de Séneque on en trouve un de la seconde espece.

Admotus ipsis Bacchus à labris fugit
Circaque dictus ore decepto effluit.

On dit que les Perses étoient fort attachés à cette


sorte d’augure ou de divination, dont le nom est grec & formé d’οἰνος, vin, & de μαντεία, divination.

OINOPHORE, (Littérat.) oinophorum, les oinophores étoient de grandes cruches dans lesquelles on puisoit le vin pour le mettre dans des bouteilles, d’où on versoit à boire dans des gobelets : c’étoit la coutume à table, quand on avoit vuidé ces cruches, de les renverser, & de mettre l’ouverture contre terre. Lucilius dit assez plaisamment à ce sujet :

Vertitur oinophoris fundus, sententia nobis.


« les cruches se renversent & notre raison aussi. ». (D. J.)

OJO, (Hist. nat Botan.) c’est un grand buis du Japon ; il a les feuilles ovales, terminées en pointe, & un peu dentelées : ses fleurs sont blanches, à quatre pétales ronds, garnies d’un calice, & de la grosseur d’une graine de coriandre : ses baies sont rondes, couleur de pourpre foncé, renfermant deux, trois, ou quatre semences, qui sont grosses & figurées comme celles du carvi. On distingue une tsuge, qui est un petit buis, dont les feuilles se terminent en pointe par les deux extrémités.

OIRA, (Geog. anc.) ville capitale de la terre d’Otrante, située sur une montagne de l’ancien pays des Messapiens, entre Tarente & Brindes. Elle a été colonie des Crétois : c’est pourquoi dans ses médailles on voit le minotaure : on y lit toujours Ypina, ou Anipy, à la maniere ancienne que Cadmus apporta de Phénicie, écrivant de droit à gauche : son nom grec & latin est Uria. On trouve en 977, un André qualifié episcopus Brundusinus & Uritanus. L’an 1491 Grégoire XIV. donna un évêque particulier à Oira, & mit ce nouvel évêché sous la métropole de Tarente. (D. J.)

OISE, (Géog.) riviere de France, elle a sa source dans les Ardennes, aux confins du Hainaut & du Thiérache, & finit par tomber dans la Seine, entre Conflans, Sainte-Honorine & Andresy. Comme elle est navigable à Chauny, elle facilite pour Paris le transport des blés & des foins de Picardie ; son nom latin est Isara, Œsia, ou Esia. (D. J.)

OISEAU, s. m. (Hist. nat. Ornit) animal couvert de plumes, qui a deux aîles, deux piés, un bec de substance de corne, &c. Les oiseaux n’ont point de vraies dents logées dans des alvéoles, comme les dents des quadrupedes, mais dans quelques especes, par exemple celle des plongeons, le bec est dentelé comme une scie. Le bec des oiseaux leur sert, non-seulement pour prendre leur aliment, mais ils l’emploient aussi comme une arme offensive & défensive ; c’est avec leur bec qu’ils construisent leur nid, qu’ils donnent à manger à leurs petits, & qu’ils arrangent leurs plumes : quelques uns, tels que les perroquets, les bec-croisés, &c. montent le long des arbres à l’aide de leur bec. Tous les oiseaux, excepté ceux qui ne sortent que la nuit, ont la tête petite à proportion de la grosseur du corps. Les yeux des oiseaux, comme ceux des poissons, ont moins de convexité que ceux des quadrupedes : il y a sous les paupieres une membrane, membrana nictitoria, qui sort du grand angle de l’œil, & qui recouvre l’œil en tout ou en partie, au gré de l’oiseau, quoique les paupieres restent couvertes : cette membrane se trouve aussi dans plusieurs quadrupedes ; elle sert à nettoyer la surface de l’œil. Les oreilles des oiseaux n’ont point de conques à l’extérieur, & dans la plûpart le conduit auditif est sans aucun couvercle, mais il y en a un dans les oiseaux de proie nocturnes, & dans quelques-uns des diurnes. Les oiseaux qui ont les pattes longues ont aussi le cou long, autrement ils ne pourroient prendre leur aliment sur la terre ; mais tous ceux dont le cou est long n’ont pas les pattes longues.