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d’une maison, cubiculatæ. Ceux qu’on n’employoit que sur les rivieres, lentres, pontones, fluviatiles. Ceux qui faisoient le transport des vivres, frumentanæ. Ceux qui faute de tillac étoient fort legers, leves. Ceux qu’on avoit construits pour porter un grand nombre d’hommes, longæ. Ils étoient tous à rame ; Ptolomée Philosopater en fit construire un, qui avoit 280 piés de longueur, sur 38 de hauteur, à 40 rangs de rames. Ceux sur lesquels on se promenoit, lusoriæ. Les vaisseaux appellés militares, étoient les mêmes que les vaisseaux appellés longæ. Les vaisseaux de charge, ils etoient à voiles & à rames, onerariæ. Les vaisseaux côtiers, orarioe, trabales, littorariæ. Les vaisseaux construits de bois & de cuivre, & qu’on pouvoit désassembler & porter par terre, plicatiles. Ceux qui précédoient les flottes, proecursoriæ. Ceux qui étoient longs, vîtes, légers & à l’usage des pirates, proedatorioe, proedaticæ. Ceux qui portoient les amiraux, proetoriæ. Ils étoient grands & forts. On les discernoit à une banderole & à une lanterne particuliere. Le pavillon rouge qu’on arboroit étoit le signal du combat. Ceux sur lesquels étoient les gardes avancées de sa flotte, prophulactoriæ. Ceux qui se composoient & se décomposoient, prenoient différentes formes, laissoient échaper de leur flanc sur l’amphithéâtre des bêtes féroces, &c. Néron fit promener sa mere dans un vaisseau de cette espece ; le vaisseau se décomposa ; mais Agrippine s’échapa à la nage, naves solutiles. Ceux qu’on envoyoit reconnoître l’ennemi, speculatoriæ. Ceux qui demeuroient fixes à l’ancre, slationariæ. Ceux qui étoient tissus de fortes baguettes, & revêtus de cuir, sutiles. Ceux qui étoient legers, & qu’on détachoit de la flotte pour aller annoncer son approche, tabellariæ. Ceux qui étoient creusés d’une seule piece, trabarioe, lintres. Ceux qui portoient deux tours, l’une à l’avant, l’autre à l’arriere, turritæ.
NAULAGE, s. m. (Marine.) c’est un vieux terme pour dire ce qu’on paie au patron ou maître d’un bâtiment pour le passage. (Z)
Naulage, (Mythol.) ce mot signifie chez les Mythologues, le droit de passage de la barque à Caron, sur lequel les Poëtes se sont tant égayés.
Des qu’on eut une fois imaginé que Caron ne passoit personne gratis sur le rivage des morts, on établit la coutume de mettre sous la langue du défunt une piece de monnoie, que les Latins appellent naulus, & les Grecs δανακή, pour le droit du passage, autrement dit naulage. Cette coutume venoit des Egyptiens, qui donnoient quelque chose à celui qui passoit les morts au-delà du marais Achéruse. Lucien assure que l’usage de mettre une obole dans la bouche des morts, pour payer le droit de naulage, étoit universelle chez les Grecs & chez les Romains ; on ne connoît que les Hermoniens qui s’en dispensoient, parce qu’ils se disoient si près de l’enfer, qu’ils ne croyoient pas qu’il fût nécessaire de rien payer pour le voyage. Mais Caron n’y perdoit pas grand chose ; car si ce peuple ne lui payoit pas ses émolumens, les Athéniens prétendirent qu’il falloit donner quelque chose de plus pour leurs rois, afin de les distinguer du vulgaire, & ils mirent dans leurs bouches jusqu’à trois pieces d’or.
Il importe fort de remarquer qu’on ne se contentoit pas de cette piece de monnoie ; mais qu’afin de mieux assurer le passage, on mettoit dans le cercueil du défunt une attestation de vie & de mœurs.
Nous avons pour garant de ce singulier fait Eustache sur Homere, & le Scholiaste de Pindare. Cette attestation de vie & de mœurs étoit une espece de sauf-conduit, qu’on requéroit pour le défunt. Un ancien auteur (Fab. Cel. lib. III. Anthol.) nous a conservé le formulaire de cette attestation. Ego Sextus Anicius pontifex, testor hunc honeste vixisse ; manes
ejus inveniant requiem. « Moi soussigné Anicius Sextus pontife, j’atteste qu’un tel a été de bonne vie & mœurs ; que ses manes soient en paix ». Il paroît de ce formulaire, qu’afin que cette attestation fût reçue dans l’autre monde, il falloit que le pontife lui-même l’écrivrît ou la signât. (D. J.)
NAULOCHIUM, (Géog. anc.) lieu de la Sicile sur la côte, entre Pelorum & Mylas. Auguste y remporta une victoire sur Pompée.
NAUM, ou NAUN, (Géog.) riviere de la grande Tartarie, qui prend sa source au midi d’Albasiuskoi, ville des Russes ruinée, arrose le bourg auquel elle donne son nom, & finit par se joindre à Chingal, qui se décharge dans le fleuve Amur.
NAUMACHIE, s. f. (Antiq. rom.) combat donné sur l’eau. Ces combats sur l’eau ont été les plus superbes spectacles de l’antiquité ; c’étoit un cirque entouré de sieges & de portiques, dont l’enfoncement, qui tenoit lieu d’arene, étoit rempli d’eau par le moyen de vastes canaux ; & c’étoit dans ce cirque qu’on donnoit le spectacle d’un combat naval & sanglant.
Jules César ayant trouvé un endroit favorable sur le bord du Tibre, & assez proche de la ville, appellé Codette, le fit creuser, & y donna le premier le divertissement d’une naumachie. On y vit combattre des vaisseaux tyriens & égyptiens, & les apprêts qu’on fit pour ce nouveau spectacle, piquerent tellement la curiosité des peuples, qu’il fallut loger sous des tentes les étrangers qui s’y rendirent presque en même tems de tous les endroits de la terre. Suétone, vie de César, ch. xxxix.
Ensuite Lollius, sous le regne d’Auguste, donna, pour lui faire sa cour, le second spectacle d’un combat naval, en mémoire de la victoire d’Actium. Les empereurs imiterent à leur tour cet exemple.
Dans la naumachie de Claudius, qui se donna sur le lac Fuem, il fit combattre douze vaisseaux contre un pareil nombre sous le nom de deux factions. l’une rhodienne, & l’autre tyrienne. Elles étoient animées au combat par les chamades d’un triton, qui sortit du milieu de l’eau avec sa trompe. L’empereur eut la curiosité de voir passer devant lui les combattans, parmi lesquels se trouvoient plusieurs hommes condamnés à mort : ils lui dirent en passant : seigneur, recevez le salut des troupes qui vont mourir pour votre amusement ; ave, imperator, morituri te salutant. Il leur répondit en deux mots, avete, vos ; & le combat se donna.
Néron fit exécuter une naumachie encore plus horrible & plus considérable ; car il perça exprès pour cet effet la montagne qui sépare le lac Tucin de la riviere de Lyre. Il arma des galeres à trois & quatre rangs, mit dessus 19 mille hommes de combat, & fit paroître sur l’eau toutes sortes de monstres marins.
Cependant la plus singuliere de toutes les naumachies, & la plus fameuse dans l’histoire, est celle que donna l’empereur Domitien, quoiqu’il ne fît paroitre dans ce combat naval que trois mille combattans en deux partis, dont il appella l’un celui des Athéniens, & l’autre, celui des Syracusains ; mais il entoura tout le spectacle de portiques d’une grandeur prodigieuse, & d’une exécution admirable. Suétore, dans la vie de cet empereur, ch. lj. nous a conservé la description de cette naumachie ; & les curieux la trouveront représentée dans la 6e. pl. de l’essai historique d’Architecture de Fischer. (D. J.)
NAUMBOURG, (Géog.) ville d’Allemagne dans le cercle de haute Saxe, en Misnie, autrefois impériale, avec un évêché suffragant de Magdebourg, qui a été sécularisé. Elle est sur la Sale, à 15 lieues N. E. d’Erfort, 22 S. O. de Wittemberg, 25 O. de Dresde. Long. 29. 54. lat. 51. 12, Il y a aussi dans page n="61">
la Silésie deux petites villes ou bourgs qui portent le nom de Naumbourg. (D. J.)
NAU-MU, (Hist. nat. Bot.) c’est un arbre de la Chine qui s’éleve fort haut, & dont le bois est incorruptible, comme celui du cédre, dont il differe cependant pour la forme & par ses feuilles. On s’en sert à la Chine pour faire des pilastres, des colonnes, des portes & des fenêtres, ainsi que les ornemens des temples & des palais.
NAVONIUS PORTUS, (Géog. anc.) aujourd’hui Porto-Navone ; port des iles de Corse, dans la partie méridionale de cette ile, & dans le voisinage du Portus Syracusanus de Ptolomée, livre III. ch. ij.
NAUPACTE, (Géog. anc.) en latin Naupactus ; c’étoit d’abord une ville de la Locride occidentale. Les Héraclides y firent construire la flotte qui les transporta dans le Péloponnèse, d’où elle se nomma Naupacte, comme qui diroit lieu où les vaisseaux avoient été construits, c’est Strabon qui nous l’apprend.
Cette ville appartenoit anciennement aux Locriens ozoles. Les Athéniens, après l’avoir prise, la donnerent aux Messéniens chassés du Péloponnèse par les Lacédémoniens. Mais quand Lisander eut entierement défait les Athéniens à Egos-Potamos, les Lacédémoniens attaquerent Naupacte, en dépouillerent les Messéniens. Alors les Locriens rentrerent en possession de leur ancien patrimoine, & en jouirent jusqu’à ce que Philippe donna Naupacte aux Etoliens, qu’elle accommodoit par sa proximité. Polybe & Tite Live la mettent entre les villes les plus considérables de ce pays-là, & en parlent même comme de la capitale de l’Etolie.
On voit par ce détail que Naupacte essuya plusieurs dominations, & changea souvent de maîtres. Les Grecs modernes l’appellerent Nepactos ou Epactos. Elle se nomme aujourd’hui Lépante, à 7 lieues de Patras ; & elle donna son nom au golfe près duquel elle est située. Voyez Lépante. (D. J.)
NAUPLIA, ou NAUPLIANAVALE, (Géog. anc.) ville & port de mer dans l’Argie, dont Herodote, Strabon, Ptolomée & Pausanias ont fait mention. Ces auteurs en ayant parlé comme d’un port fort commode, on a jugé que ce devoit être Napoli de Romanie ; du moins voit-on encore des ruines d’une ancienne ville auprès de Napoli de Romanie. La montagne de Palamede est dans le voisinage ; mais on ne peut plus démêler, dit la Guilletiere, la célebre fontaine de Canathus, où la déesse Junon alloit souvent se baigner, & d’où elle sortoit toujours en état de vierge : sans doute que les femmes du pays ayant inutilement essayé si elles en sortiroient comme la reine des dieux, ont laissé perdre exprès la mémoire du nom de Canathus. (D. J.)
NAUPORTUM, (Géog. anc.) ville des Taurisques vers la source de la riviere Nauportus, dont elle tiroit son nom, selon Pline, liv. III. ch. xvij. On juge de la table de Peutinger que Nauportum étoit précisément au lieu où est aujourd’hui Ober-Laubach, & que la riviere Nauportus est le Laubach.
NAUPORTUS, ou NAUPONTUS, (Géog. anc.) riviere qui, selon Pline, l. III. ch. xvij. prend sa source dans les Alpes, entre AEmona & les Alpes, auprès de Longaticum, à 6 milles de la ville Nauportus. Cette riviere passoit à AEmona, & à un mille au-dessous de cette ville, elle se joignoit avec la Save. On croit que cette riviere est le Laubach.
NAVRER, v. act. (Jardinage.|) c’est faire une hoche avec la serpette à un échalas de treillage quand il est tortu.
NAUROUSE, (Géog.) lieu de France où l’on fait le point de partage des eaux qu’on a assemblées pour fournir aux canaux qui font la jonction de la mer
océanne avec la mer méditerranée. C’est une petite éminence située dans la route qui conduit du bas au haut Languedoc, & où il y a deux vallons qui naissent. Pour former la jonction desirée, d’un côté on a fait aboutir les canaux qui viennent à Naurouse, & qui communiquent à l’Océan ; & de l’autre côté, on y a joint un canal qui, en traversant la plage, se rend dans la mer Méditerranée. Ce canal, qui est profond de deux toises, en a seize d’ouverture, huit de base, & environ 800 de longueur. On l’appelle en conséquence canal royal.
NAUSÉE, s. f. (Médec.) l’aversion qu’on a pour tous les alimens, ou pour certains alimens en particulier, s’appelle dégoût ; c’est un symptome qui semble composé du défaut du vice de l’appétit & de la nausée.
Si l’on a pris des substances pourries, corrompues, rances, nidoreuses, visqueuses, grasses, oléagineuses, dégoutantes, il les faut éviter dans la suite, & les chasser du corps soit par le vomissement, soit par les selles.
Si la corruption des humeurs de la bouche, des narines, des dents, du gosier ; si la matiere capable de causer des catharres, des aphthes, vient à produire cette maladie, on évite la déglutition de ces humeurs viciées ; on la détourne autre part ; on se lave fréquemment la bouche avec les antiseptiques.
Quand le ventricule & le pancréas sont remplis d’un suc morbifique, & qu’une bile de mauvaise qualité vient à couler dans le premier de ces visceres, & qu’il s’y trouve en même-tems un amas de cacochylie crue, il faut employer les évacuans pour chasser par haut & par bas toutes ces matieres, ensuite recourir aux stomachiques pour empêcher qu’elles ne se reforment de nouveau.
La nausée qui vient sur mer, ou lorsqu’on est en voiture sur le devant d’un carrosse fermé, ou celle qui est la suite de quelqu’autre mouvement extraordinaire & de quelque passion de l’ame, se dissipe en ôtant les causes, en changeant de position, en prenant les acides, &c. mais elle est dangereuse dans la lienterie, la dissenterie, le cholera ; il la faut alors traiter par les anodins stomachiques.
Celle qui accompagne les fievres aiguës, ardentes, érésipélateuses, putrides, purulentes, malignes, ectiques, la phthysie, la goutte des piés, est un fâcheux symptome qui demande ordinairement les acides agréables, les délayans & les anodins ; mais ce ne sont là que des remedes palliatifs.
Dans la constipation, la suppression d’un ulcere, ou de quelqu’autre évacuation ordinaire, il convient de rétablir l’évacuation, ou d’en procurer une autre qui fasse le même effet.
En général les présages varient autant que les causes. Dans cette maladie on doit attendre que le sujet qui en est constamment attaqué, prendra moins d’alimens que de coutume, qu’il en résultera une mauvaise chylification, la maigreur du corps, la foiblesse, le dépérissement sensible de toute la machine, & finalement sa destruction. (D. J.)
NAUSTATHMUS, (Géog. anc.) nom commun à divers ports : 1°. au port de Sicile, selon Pline, lib. III. cap. viij. c’est aujourd’hui Fontane Bianche, entre Syracuse & le fleuve Acettaro, autrefois nommé Eiorus : 2°. à un port d’Afrique dans la Pentapole, selon Ptolomée, lib. IV. cap. iv. 3°. à un port qui étoit dans le golfe Canthi, à l’embouchure du fleuve Indus : 4°. à un port d’Asie aux environs de la Troade, selon Strabon.
NAUTE, s. m. (Littérat.) en latin nauta, m. Ce mot signifie non seulement un matelot, mais aussi un marchand, un riche négociant qui équipe des vaisseaux à ses frais, & fait un commerce considérable. Il paroît même par quantité d’inscriptions que