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pays, vous trouverez aux différentes especes de poivre la description de la plante qui les produit ; ainsi voyez , , Poivre

de la

Jamaique, Poivre d’Afrique, &c.

Poivrier du Pérou, (Botan.) nom de relation donné à l’espece de lentisque du Pérou, que Ray, Clusius, & autres botanistes appellent molli ou molle. Voyez Molle. (D. J.)

POIVRIERE, s. f. (Gramm.) ustensile de table ; petit vase ou de porcelaine, ou de fayence, ou de fer blanc, ou d’argent, de la forme de la saliere, dans lequel on sert le poivre.

POIX, pix ; c’est une espece de suc ou de gomme tenace qui se tire des bois gras, principalement des pins & des sapins, dont on se sert pour la construction des vaisseaux, en Médecine & en plusieurs autres arts.

La poix est proprement un suc de l’écorce de l’arbre appellé picea, pesse, & l’on conçoit que ce n’est autre chose que l’huile de cet arbre, beaucoup plus épaissie, & devenue beaucoup plus noire que dans le baume. Voyez Ecorce & Baume.

Pour tirer la poix on fend l’arbre en petites buches, que l’on met dans un four qui a deux ouvertures : par l’une on met le feu, & par l’autre on recueille la poix, laquelle suintant du bois, coule sur le plancher du four, & tombe dans des bassins que l’on y met pour cet esset ; la fumée, qui y est fort épaisse, la rend noire comme on la voit. Quelques-uns pretendent que notre poix commune n’est que le suc qui vient le dernier, & que le goudron est celui qui découle d’abord. Voyez Goudron.

Wheeler nous donne une autre méthode de tirer la poix que l’on pratique dans le levant ; on fait un creux dans la terre qui a deux aunes de diametre par le haut, mais qui se retrécit à mesure qu’il devient plus profond ; on le remplit de branches de pin fendues en morceaux ; ensuite on recouvre de feu le haut de ce creux ; le feu brùlant jusqu’au fond, la poix se distille & coule par un trou qui y est pratiqué.

La poix reçoit différens noins suivant ses différentes préparations, selon sa couleur & ses qualités. On l’appelle barras quand elle distille du bois, mais ensuite elle prend un nom double ; la plus fine & la plus claire se nomme galipot, & la plus grossiere barlas marbré.

Avec le galipot on fait ce que l’on appelle de la poix blanche, ou de la poix de Boutgogne, qui n’est que dugalipot fondu avec de l’huilede térébenthine ; quoique ce soit, selon quelques-uns, une poix naturelle qui distille d’un arbre résineux qui vient ou croit dans les montagnes de Franche-Comté.

Ce même galipot sert pareillement à faire une préparation de ce que l’on appelle résine ou poix résine, en faisant bouillir la poix jusqu’à une certaine consistence, & en la mettant engâteaux. Voyez Résine.

La poix noire, qui est ce que l’on appelle proprement poix selon quelques-uns, est le galipot liquide brûlé & réduit à la forme & à la consistence que nous y voyons, en y melant du goudron lorsqu’il est chaud.

La meilleure est celle qui vient de Suede & de Norwege ; on juge de sa bonté par une couleur noire, lustrée ou brillante, & lorsqu’elle est bien seche & bien cassante.

La poix navale, pix navalis, se tire de vieux pins, que l’on arrange & que l’on brûle de la même maniere que l’on fait le charbon, en y mélant des étoupes & des cables battus ; elle sert à poisser les vaisseaux.

On appelle aussi poix navale celle qui est raclée des côtés des vieux navires ; & que l’on croit avoir acquis une vertu astringente par le moyen de l’eau de la mer ; on s’en sert à faire des emplâtres, quoi-


qu’il soit certain que les Apothicaires donnent ordrnairement en la place de la poix noire commune.

La poix greque ou la poix d’Espagne, est celle que l’ou a fait cuire ou bouillir dans l’eau jusqu’à ce qu’ayant perdu son odeur naturelle, elle devienne seche & friable.

Les anciens l’appelloient colophone à cause qu’il en venoit une grande quantité d’une ville de Grece nommée Colophon. Voyez Colophone.

L’huile de poix, oleum picinum, est une huile qui vient de la poix, en séparant la matiere aqueuse, ou l’aquosite qui nage sur la poixsondue. On Pappelle ausi baume de poix, à cause des grandes vertus qu’on lui attribue.

Poix, (Art méctian.) voici comine en Provence on recueille différentes sortes de poix & autres préparations resineuses du pin sauvage, nomme pinus sysvestris par C. B. P. 491.

On fait à cet arbre plusieurs incisions par degrés, d’abord d’un côté pres de la racine, l’année suivante plus haut, & ainsi de suite, jusqu’à la hauteur de dix à douze piés, & jusqu’à ce que la liqueur cesse de couler de ce coré-là ; alors on fait des incisions de la même mainiere aux autres cotés de l’arbre ; la liqueur qui en découle est reque dans de petites fosses ; sa partie supérieure s’epaissit par la chaleur du soleil, & elle se change en une cersaine croûte re sineuse, que l’on appelle communément barras. Si cette croûte est blanche & sans ordures, elle s’appelle galipot, gar pot, resine blanche, enceils blanc ; nais si elle est brune ou pleine d’ordures, on l’appelle encens madré, ou eucens de village. Les ciriers emploient bien souvent la resine blanche ou le galipot, avec la cire pour faire des cierges.

Quand on a retiré cette liqueur des fosses, on la passe au-tsavers de certains paniers ; la partie la plus fluide coule, & on l’appelle terebenthine : celle qui est plus grossiere, & qui reste dans les paniers, est mise dans les alembics avec deux ou trois fois autant d’eau, & elle donne par la distillation un espait & une huile de térébenthine. Il reste au fond du vaisseau une masse dune, sriable, roussâtre, nommée palimpissa, poix seche, & communément arcançon, ou bray sec.

On compose une espece de poix noire avec le bray sec & la poix noire liquide commune ; avec cette poix noire artificielle, le bray see, le suis de bœuf, & la poix noire liquide & commune, fondues ensemble, on prépare la poix navale dont on a coutume d’enduire les vaisseaux avant de les lancer à l’eau. Mais cette poix étant restée long-tems sur les vaisseaux, & ayant contracté quelque salin de l’eau de la mer, s’appelle zopissa. La résine blanche étant fondue avec de la térebenthine & de l’huile de térébenthine, fait la poix que l’on appelle poix de Bourgogne.

Dans quelques endroits, on fait des creux autour des vieux pins, que l’on brùle, & il en découle une liqueur noire, résineuse & huileuse, & que l’on appelle poix noire, & communément tare, goudron & bray liquide. Dans d’autres endroits on coupe des morceaux de ce que l’on appelle torche, & on les place dans un fourneau de pierre ou de briques fair exprès, auquel on laisse un trou pour y mettre leseu, & pa où la flamme puisse sortir d’abord. Lorsque ces morceaux de bois sont allumés, on ferme le tout exactement. Alors il sort par la violence du feu beaucoup de liqueur noire, qui coule dans des canaux faits avec art, par lesquels cette poix est conduite dans des creux, ou dans des vaisseaux propres à la recevoir.

La poix noire liquide étant réposée assez longtems dans des vaisseaux convenables, il nage au-dedans une liqueur fluide, noire, huileuse, que l’on


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