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Ajoutez que la durée de ce jeu tient un juste milieu entre les deux extrèmes : cette durée permet dans une soirce, qu’on renouvelle deux ou trois fois les parties, & qu’on change les acteurs & les associations ; ce qui ranime le courage de ceux qui ont perdu, sans affliger les vainqueurs qui rentrent en lice sur leur gain.
En un mot, le whisk est un jeu très-ingénieusement imaginé à tous égards ; un jeu constamment fait pour les têtes angloises, qui refléchissent, calculent & combinent dans le silence.
Dans ce jeu, comme à la guerre & à la cour, il saut arranger des batteries, suivre un dessein, parer celui de son adversaire, cacher ses marches, hazarder à-propos. Quelquefois avec des cartes bien ménagées, on gagne des levées. Tantôt le plus savant l’emporte, & tantôt le plus heureux ; car les honneurs que donne ici la fortune, triomphent souvent de toute votre habileté, & vous arrachent la victoire, qui s’envole de vos mains sur les aîles de la capricieuse déesse.
Les François ont reçu dernierement tout ensemble de l’Angleterre victorieuse dans les quatre parties du monde, une généreuse paix, & la connoissance de ce beau jeu, qu’ils paroissent goûter extrèmement. Ils l’ont saisi avec transport, comme ils font toutcs les nouveautés, hormis celles dont l’utilité est démontrée, & qui intéressent le bonheur ou la vie des hommes : mais en revanche ils s’enthousiasment des modes frivoles, & des jeux spirituels propres à les amuser. Comme le whisk est de ce nombre, ils en ont adopté religieusement toutes les lois, & les suivent ponctuellement, excepté peut-être celle du silence, qui contrarie beaucoup leur vivacité, & le manque d’habitude où ils font de tenir leur langue captive.
Les chances ou hazards de ce jeu, ont été calculés par de grands mathématiciens anglois, & M. de Moivre lui-même, n’a pas dédaigné de s’en occuper, il a trouvé :
1°. Qu’il y a 27 hazards contre deux, ou à-peu-près, que ceux qui donnent les cartes, n’ont pas les 4 honneurs.
2°. Qu’il y en a 23 contre un, ou environ, que les premiers en main n’ont point les 4 honneurs.
3°. Qu’il y en a 8 contre un, ou environ, que de côté ni d’autre, ne se trouvent les 4 honneurs.
4°. Qu’il y en a 13 contre 7, ou environ, que les deux qui donnent les cartes, ne compteront point les honneurs.
5°. Qu’il y en a 25 contre 16, ou environ, que les honneurs ne seront pas également partagés.
Le même mathématicien détermine aussi, que les hazards pour les associés qui ont dejà 8 points du jeu s’ils donnent les cartes, contre ceux qui ont 9 points, sont à-peu-près comme 17 à 11. Mais si ceux qui ont 8 du jeu sont les premiers en main, les hazards seront comme 34 est à 29.
On propose sur ce jeu divers problèmes, & particulierement celui-ci, dont l’exacte solution répandra la lumiere sur plusieurs questions de même nature.
Trouver le hazard que celui qui donne les cartes, aura quatre triomphes.
Une triomphe étant certaine, le problème se réduit à celui-ci ; trouver quelle probabilité il y a, qu’en tirant au hazard 12 cartes des 51, dont 12 sont des triomphes, & 39 ne sont point triomphes, 3 des 12 seront des triomphes.
On trouvera par la regle de M. de Moivre, que le total des hazards pour celui qui donne les cartes, =92, 770, 723, 800 ; & que le total des hazards pour tirer 12 cartes des 51, =158, 753, 389, 900. La différence de ces deux nombres, =65, 982, 666,
100. Les hazards seront donc comme 9277, &c. à 6598, &c.
Or, nous pouvons calculer la chance de trois joueurs qui ont 10, 11 ou 12 triomphes, du nombre de 39 cartes ; donc nous trouverons que le total des hazards pour prendre 10, 11 ou 12 triomphes, dans 39 cartes, =65, 982, 666, 100 ; & que tous les hazards du nombre de 51 cartes, =158, 753, 389, 900. La différence=92, 770, 723, 800, =tous les hazards pour celui qui donne, & les hazards seront 9277, &c. à 6598, &c comme ci-dessus.
Les Mathématiciens après avoir trouve la derniere précision du calcul, par un grand nombre de chiffres ont cherché, & indiqué les proportions les plus voisines de la vérité que donne le plus petit nombre de chiffres ; & c’est ce qu’on appelle méthode d’approximation, de laquelle il faut se contenter dans la pratique. Si l’on demande, par exemple, quelle est la parité des hazards qu’un joueur ait à ce jeu trois cartes d’une certaine couleur, ils répondent par voie d’approximation, qu’il y a environ 682 à gager contre 22, ou environ 22 contre 1, qu’il ne les 2 pas.
Comme nous avons présentement dans notre langue, un traité du whisk traduit de l’anglois, & imprimé à Paris en 1764, in-12. sous le titre d’Almanach du whisk, je suis dispensé d’indiquer les termes de ce jeu, ses regles, sa conduite, & l’art de le bien jouer.
On croira sans peine que le petit livre dont je parle, est connu de tout le monde ; qu’il a un grand débit, & se lit beaucoup dans un pays d’oisiveté complette pour les gens du bon air ; un pays où ils éprouvent que les voitures les plus douces brisent la tête, & ils se reposent en consequence tout le jour sur des sieges renversés, sans avoir eu la peine de se fatiguer ; un pays où les hommes dissertent agréablement de pompons, & font des nœuds comme les femmes, pour tuer le tems qui passe si vîte ; un pays d’ailleurs, où le jeu égale toutes les conditions, & où l’on n’est bon qu’à noyer, si l’on ne joue pas le jeu qui est à la mode ; un pays enfin, où les particuliers n’ayant rien à voir dans le gouvernement, ne désirent, à l’exemple des anciens romains soumis aux césars, que du pain, des cartes, & des spectacles, panem, aleam, & circenses. Eh ! qui peut condamner des mœurs si liantes, & des vœux si modérés ? (D. J.)
WHITBY, (Géog. mod.) bourg d’Angleterre, dans Yorckshire, sur le bord de la mer, à l’endroit où elle fait un petit golfe, que les anciens ont appellé dunus sinus. Whitby signifie un habitation blanche : il se fait dans ce bourg un grand commerce d’alun & de beurre. On trouve dans ses environs quantité de jayet, gagates, pierre fossile, légere, noire, qui sent le bitume, reçoit un beau poliment, & s’allume près du feu. (D. J.)
WHITE-HAVEN, (Géog. mod.) bourg à marché d’Angleterre, dans la province de Cumberland, avec un bon port de mer, dont les habitans usent pour un grand trafic de sel & de charbon de terre, avec les Ecossois & les Irlandois. (D. J.)
WHITHERN ou WHITE-HERNE, (Géog. mod.) ville d’Ecosse, dans la province de Galloway, à environ 100 milles au midi d’Edimbourg, & à 3 de Vightown. Elle a été autrefois épiscopale, & plus considérable qu’elle n’est à présent. On croit que Withern, est l’ancienne Leucopidia de Ptolomée. Long. 12. 43. lat. 55. 14. (D. J.)
WIA, la, (Géog. mod.) riviere d’Amérique, dans la Terre-Ferme. C’est une des plus considérable de