Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 17.djvu/639

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Nicholson trouve que l’auteur a donné une assez belle ébauche du regne d’Edouard IV. & qu’il a fait le pottrait de ce prince dans un style fleuri, d’une maniere aussi ressemblante qu’on pouvoit l’attendre d’un homme si fort éloigné par le tems, de l’original.

Hooper (Georges), évéque de Bath & de Wells, naquit dans le comté de Worcester, en 1640, & mourut en 1727, a 87 ans. Ses ouvrages sont remplis d’érudition en tout genre ; mais je n’en citerai que deux, peu connus des etrangers, dont je donnerai, par cette raison, un courte analyse ; je veux parler de son traité du carême, & de ses recherches sur les anciennes mesures.

Son traité du caréme parut à Londre en 1694, in-S. L’auteur y prouve que dans le iv. siecle, lorsque la religion chrétienne commença d’avoir un plus grand nombre d’écrivains, la quadragésime, ainsi qu’on parloit dans ce tems-là, s’observoit assez gén< ?>alement par les chrétiens, pendant 40 jours. Si nous remontons vers le milieu du iij. siecle, nous y trouverons déjà quelque détail de l’austérité avec laquelle les chrétiens observoient la semaine de la passion ; détail qui nous vient d’un des plus grands hommes de l’Eglise, qu’on avoit consultes sur l’heure qu’on ponvoit finir le jeûne.

Cette grande austerité de la semaine-sainte, qui ne le cédoit en rien à celle dont on a usé dans la suite, donne tout lieu de penser que les chrétiens de ce tems-là, n’ont pas laissé à la génération suivante, le soin d’y ajouter la dévotion de semaines précedentes ; sur-tout, puisque nous trouvons qu’Origene, maître de Denys, parie en termes exprès de la quadragésime, comme consacrée au jeûne. Il est vrai que nous n’avons ce passage d’Origene que de la version de Russin, qui n’étoit pas le traducteur le plus exact ; mais il n’étoit pas le plus mauvais ; ainsi il y a plus d’apparence qu’il a traduit ici fideilement, que le contraire, n’y ayant aucune raison particuliere de soupçonner de la fassification dans ce terme, plutôt que dans un autre de la période, ni de s’étonner qu’il soit parlé d’une chose si connue asse< ?>peu de tems après.

Il paroît par le témoignage de Ter< ?>ullien (qu’on pout mettre dans le second siecle, ausi-bien que dans le troisieme), qu’au sentiment de l’Eglise de son tems, les jours de la mort de Jesus-Christ, le vendredi & le samedi-saint devoient être consacrés au jeûne, en vertu de l’autorité des apôtres ; qu’on n’étoit point oblige de jeûner d’autres jours, & comme en vertu d’un précepte divin ; mais que cela étoit laissé à la discrétion des fideles, selon qu’ils le jugeoient à-propos. Cette espece d’incertitude ne lui permettoit pas naturellement d’en dire davantage, vu le sujet qu’il traitoit, ni de nous instruire des différentes coutumes des égl ses sur cette partie arbitraire du carême, quoique l’on puisse receuillir d’ailleurs, même de Tertullien, qu’on observoit dès ce tems-là un espace plus considérable,

Mais pour remonter plus haut, & nous approcher davantage du siecle des apôtres vers l’an 190, apres la mort de S. Jean Irénée, évêque vénérable, qui avoit conversé particulierement avec Polycarpe, comme-celui-ci avec S. Jean & d’autres apôtres ; Irénée, dis-je, nous a instruit, quoique par occasion seulement, des pratiques différentes de son tems ; il nous apprend que les uns croyoient devoir jeûner un jour, les autres deux jours, ceux-ci plusieurs jours, ceux-là quarante jours.

Les recherches du savant Hooper sur les anciennes mesures des Athéniens, des Romains, & particulierement des Juifs ont été imprimées à Londresen 1721, in-8°. L’auteur déclare dans sa préface qu’ayant lu avec soin sur cette matiere deux traités curieux, qui pa-


rurent presque en même-tems en l’année 1684, l’un du docteur Cumberland, mort évêque de Peterborough, & l’autre du docteur Edouard Bernard, imprimé d’ahord avec le commentaire du docteur Pocock sur Osée, qu’ayant aussi examiné les dissertations de M. Greaves sur le pie & sur le denier romain louées avec raison par les deux auteurs dont on vient de parler, il s’étoit attache à rechercher plus exactement les mesures des hébreux ; & qu’ayant bâti sur les principes surs de M. Greaves, ayant suivi la méthode de l’évêque Cumberland & profité des riches matériaux rassemblés par le docteur Bernard, il s’étoit fait le systeme sulvant.

Premierement qu’ayant examiné en général les différentes mesures pour la longueur, la capacité, le poids & le rapport qu’elles ont les unesaux autres, il a fixéles mesures angloises auxquelles il vouloit réduire celles des juifs, afin de s’en faire de plus justes idées. Ensuite, comme il falloit chercher la connoissance des mesures des juifs dans ce que nous en ont dit des écrivains de divers tems & de divers pays, & qu’il falloit réduire leurs différentes mesures à celles d’Angleterre, il a été obligé d’examiner quelquesunes des mesures modernes, mais sur-tout les anciennes mesures des Athéniens & des Romains ; & que muni de ces secours, il a rapporté & comparé ensemble ce que l’on a dit de plus vraissemblable touchant les mesures des juifs, & s’est mis en état d’en donner une connoissance aussi claire & aussi certaine qu’il est possible. Ses recherches sont donc divisées en quatre parties.

Dans la premiere, il examine les mesures en géral, & particulierement celles d’Angleterre, & quelques autres dont on se sert de nos jours à Rome, en Elpagne, en Hollande & en Egypte. Dans la seconde, il recherche les mesures d’Athènes à cause des auteurs grecs qu’il faut consulter. Dans la troisieme, il examine les mesures anciennes des Romains qui supposent la connoissance de celles d’Athènes, & dont l’intelligence est nécessaire pour se servir avec fruit des auteurs latins. Dans la quatrieme, il s’agit des mesures des juifs.

Vient ensuite un appendix touchant les noms & la valeur des monnoies angloises & des mesures en vaisseaux. Dans cet appendix, il dit que toutes les anciennes mesures angloises de cette espece que nous avons reçues des Saxons, venoient, selon toutes apparences, à ceux ci des Sarrasins, aussi-bien que la monnoie angloise. Il remarque que pour ce qui est des noms des vaisseaux connus en Espagne & en Italie, comme ceux de pipe, de botte, de barril, &c. il en chercheroit l’origine dans la Méditerranée, & de-là chez les peuples orientaux, de qui venoient les choses contenues dans ces vaisseaux : car puisqu’il paroît clairement que tous les poids sont phéniciens d’origine, & que les mesures en vaisseaux, même de l’eau, étoient absolument nécessaires aux Phéniciens pour leur provision dans leurs voyages par terre, aussi-bien que par mer ; qu’entre les liquides, le vin & l’huile étoient des produits de leurs côtes, (le mot vin non-seulement, mais les noms fabuleux de Bacchus, de Sémélé, de Silene avec son âne dénotant cette origine), il est assez naturel de penser que les noms phéniciens des vaisseaux passerent avec ce qu’ils contenoient dans les iles de la Grece ; & que dans la suite lorsque les Sarrasins se furent rendus maîtres de cette mer, ils adopterent d’abord les noms orientaux qu’ils trouverent, & en donnerent encore d’autres du même ordre ; c’est ce qu’on peut conjecturer par rapport à plusieurs vaisseaux du levant, non-seulement de ceux qui contiennent de l’eau, mais de ceux qui servent à naviger, car ils prennent souvent leurs noms les uns des antres. Ainsi il n’est point du tout hors de


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