Page:Doctrine du droit.djvu/322
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tout à Eût absurde d'exiger que Ton corrige tout de suite et violemment cette imperfection; mais ce que l'on peut exiger des gouvernants, c'est qu'ils aient toujours devant les yeux la nécessité d'opéra* des réformes de ce genre, afin de se rapprocher continuellement du but (de la meilleure constitution d'&près les lois du droit). Un État peut même se gouverner ré-publicainepaent, quoique, d'après la constitution existante, il soit encore sous l'empire dix pouvoir despotique d'un mettre , jusqu'à ee que le peuple soit insensiblement devenu eapabie de recevoir l'influence de la seule idée de l'autorité de la loi, et 4e concourir lui-même à sa propre législation (ce qui originairement est fondé sur le droit). Mais, quand même une révolution, produite par une mauvaise constitution, aurait arraché par des moyens violents et illégaux une constitution meilleure, il ne aérait plus permis de ramener le peuple à l'ancienne, quoique l'on eût le droit de punir la rébellion de tous ceux qui auraient participé à cette révolution par violence ou par ruse. Quant aux relations extérieures des États, on ne saurait exiger d'un État qu'il renonce à sa constitution x fftt^alle d'ailleurs despotique (s'il la regarde comme la meilleure relativement aux ennemis du dehors), aussi longtemps qu'il oouft le risque d'être absorbé par les autres ; et par conséquent il doit lui être permis d'ajourner l'exécution de sa réforme jusqu'à une époque plus favorable (1).
Que les moralistes despotiques (se trompant dans la pratique) pèchent tant qu'on voudra contre la politique en prenant ou en conseillant certaines mesures avec trop de précipitation, l'expé
i Despotische Herrschermacht.
(1) C'est une conséquence des lots permissives de la raison, que l'on peut laisser subsister qn droit public, entaché d'injustice, jusqu'à ce que tout se préparé 4e soi-même à uqe régénération complète, pu que la maturité soit amenée par (les moyens pacifiques. C'est qu'une constitution juridique quelconque, quoiqu'elle ne soit que médiocrement conforme au droit, vaut encore mieux que l'absence de toute constitution, ou l'état cy anarchie qu'ime réforme précipitée ne manquerait pas (Je produite. — La politique se fera donc im deyoif de réformer l'état actuel des chose» conformément à l'idéal du droit public ; mais elle ne se servira point des évolutions qu'amène la nature des choses, pour s'autoriser à une oppression plus tyrannique encore; elle en prouvera, au contraire, comme d'un avertissement de la nature, pour établir, par 4e solides réformes, nne constitution fondée sur des principes de liberté, la seule qui soit durable.

