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DROIT RÉEL. 97

soient les premiers possesseurs. La nature même (qui a hor­reur du vide) ne semble-t-elle pas l'exiger? Autrement de vastes contrées, dans les autres parties du monde, qui sont aujourd'hui très-bien peuplées, seraient restées (ou même devraient rester à jamais) vides d'habitants civilisés, et ainsi le but de la création serait manqué. Mais il est aisé de percer ce voile de 1 injustice ( ce jésuitisme), qui justifie tous les moyens d'arriver à de bonnes fins ; cette manière d'acquérir le sol est donc très-condamnable. L'indétermination des objets extérieurs susceptibles d'ac­quisition , tant sous le rapport de la quantité que sous celui de la qualité, rend ce problème de l'acquisition extérieure (originaire et unique) singulièrement difficile à résoudre. Il faut pourtant bien qu'il y ait quelque acquisition originaire des choses extérieures; car toute acquisition ne peut pas être dérivée. On ne peut donc pas non plus l'abandonner comme insoluble et impossible en soi. Quand même on le voudrait résoudre par l'idée d'un contrat primitif, à moins que ce contrat ne s'étendit à tout le genre humain, l'acqui­sition ne serait toujours que provisoire. $ XVI. Tous les hommes sont originairement en possession ommune de tout le sol de la terre (communio fundi riginaria), et ils ont naturellement (chacun) la volonté l'en faire usage (lex justi) ; mais, à cause de G????-ition naturelle qui éclate inévitablement entre le libre rbitre de G un et celui de l'autre, tout usage en devien-irait impossible, si l'on n'admettait en même temps une )i régulatrice de la liberté, d'après laquelle chacun ût avoir sur le sol commun une possession particulière éterminée {lex juridica). Mais la loi distributive du lien et du tien sur le sol (lex justiliœ distnbutiva) 7