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136 LES FRÈRES KARAMAZOV,

c'est toi qu'elle préfère. C'est une fausse, une vile créa- ture. Non, ne va pas chez elle, il ne le faut pas.

— Ce ne serait en effet pas bien, mou père, pas bien du tout.

— Où t'envoyait-il tout à l'heure, quaud il s'est sauvé?

— Chez Katherina Ivanovna.

— Pour lui demander de l'argent?

— Non.

— Il n'a pas d'argent, pas un kopek, et à ce propos, je... Alioscha, je passerai la nuit à réfléchir. Va- t'en... tu la rencontreras peut-être. Viens chez moi demain matin, j'ai un mot à te dire. Viendras-tu ?

— Je viendrai.

— Tu feras comme si tu venais prendre de mes nou- velles; ne dis pas que je t'ai appelé... Pas un mot à Ivan!

— C'est bien.

— Adieu, mon ange. Tout à l'heure lu m'as défendu, je ne l'oublierai jamais. Je te dirai quelque chose demain, mais il faut que j'y réfléchisse.

— Comment vous sentez- vous maintenant?

— Demain, dès demain je me lèverai et je marcherai. Je suis tout à fait rétabli!...

En sortant, Alioscha aperçut Ivan assis sur un banc près de la porte cochère : il écrivait sur son carnet. Alios- cha lui (lit que Fédor PaAlovitch avait repris connaissance et qu'il l'envoyait passer la nuit au monastère.

— Alioscha, je désire beaucoup te voir demain matin, dit Ivan d'un ton affectueux, si affectueux qu'Alioscha en fut surpris.

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