Page:Dostoievski - La femme d'un autre.djvu/209

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— Oh ! que si : je me repose, je me relève, je fais quelques pas, puis je me repose encore et je recommence.

Je la regarde. Elle me paraît très-curieuse : une petite vieille, proprette, des habits usés. Probablement de la mechtchanstsvo[1]. Le visage flétri, jauni, décharné, des lèvres incolores. Une sorte de momie. Mais cette momie sourit, et le soleil luit pour elle comme pour les vivants.

— Tu dois être très-vieille, babouchka, lui dis-je en souriant.

— Cent quatre ans, ma fille, cent quatre ans seulement. Et toi, où vas-tu donc ?

Elle me regarda et rit, probablement joyeuse de causer. Mais il me parut

  1. La classe des mechtchanines, la petite bourgeoisie citadine.
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