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V

L’INTERPRÈTE GREC


Il y a bien longtemps que je connais Sherlock Holmes, j’ai vécu intimement avec lui, mais je ne l’ai jamais entendu parler de sa famille, et même devant moi il faisait rarement allusion à sa propre existence. Cette réserve extrême avait rendu plus profonde encore l’impression bizarre qu’il me produisait ; j’en étais même arrivé à le regarder comme un phénomène particulier, un être doué d’intelligence et dépourvu de cœur, chez lequel l’esprit avait absorbé toute sensibilité. Son horreur des femmes, son aversion pour les relations nouvelles étaient aussi caractéristiques, dans ce caractère essentiellement froid, que son obstination à ne jamais parler des siens. J’avais fini par le croire orphelin, sans aucune