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II
LE PALAIS DES THERMES

l’un de l’ère gallo-romaine, l’autre d’une époque postérieure de onze siècles, et qui présentent par leur juxtaposition un rapprochement peut-être unique au monde de ces deux âges de l’architecture, étaient dans les meilleures conditions pour devenir le Musée des monuments historiques et leur réunion constitue aujourd’hui un ensemble aussi intéressant au point de vue de l’étude des monuments de notre histoire nationale qu’à celui de leur harmonie complète avec les collections qui s’y trouvent réunies et pour lesquelles il était impossible de trouver un cadre mieux choisi.

Il n’existe aucun document précis sur la date exacte de la construction du Palais des Thermes, non plus que sur le nom de son fondateur. L’opinion la plus accréditée est, comme nous l’avons dit, celle qui l’attribue à Constance Chlore. Le séjour de quatorze années que cet empereur fit dans les Gaules, le genre des matériaux employés, leur disposition, en même temps que le système de décoration du monument, sont les preuves les plus convaincantes à l’appui de cette assertion. Quoi qu’il en soit, le Palais des Thermes (Palatium Thermarum seu Thermæ Parisiaci) existait, à n’en pas douter, du temps de Julien. Il est certain que ce prince y avait fixé sa résidence et qu’il y fut proclamé empereur par ses troupes en l’an 360. Les traces du séjour qu’y firent les empereurs Valentinien Ieret Valens sont également bien constatées.

Plus tard, après les longs déchirements résultant de l’invasion des peuples barbares, la puissance romaine et ses alliances durent céder à la valeur des Franks, et la demeure des Césars devint la résidence de nos rois de la première et de la deuxième race, jusqu’à l’époque où, transférant leur séjour dans la Cité, ils firent construire à la pointe de l’île le vaste bâtiment connu sous le nom de Palais ; dès lors l’édifice appelé Palais des Thermes, ou Thermes de Paris, devint le Vieux-Palais[1], et les terrains qui en

  1. Voici la description qu’en donne Jehan de Hauteville, en l’an 1180 ; « Ce palais des rois, dit-il (domus aula regum), dont les cimes s’élevaient jusqu’aux cieux, et dont les fondements atteignaient l’empire des morts…

    » Au centre se distingue le principal corps de logis dont les ailes s’étendent sur le même alignement et, se déployant, semblent embrasser la montagne. »