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III
ET L’HÔTEL DE CLUNY

dépendaient et qui, s’étendant vers la Seine, embrassaient tout le littoral jusqu’à l’église Saint-Vincent (aujourd’hui Saint-Germain-des-Prés), furent morcelés et divisés successivement par la nouvelle enceinte de Paris, élevée sous le règne de Philippe-Auguste[1].

Ces terrains furent couverts de constructions qui passèrent, ainsi que le Palais lui-même, dans les mains de divers propriétaires, parmi lesquels nous trouvons, d’après les titres des xiiie et xive siècles, les sires Jehan de Courtenay, seigneur de Champignelles, Simon de Poissy, Raoul de Meulan, l’archevêque de Reims et l’évêque de Bayeux, jusqu’au jour de l’acquisition faite, vers 1340, par Pierre de Chaslus, au nom de l’ordre de Cluny, de la totalité de ce domaine, telle qu’il existait encore.

Pendant les cent cinquante ans qui s’écoulèrent depuis cette acquisition jusqu’à la construction de l’Hôtel de Cluny par Jehan de Bourbon et Jacques d’Amboise, on ignore quelle fut la destination des bâtiments. Toujours est-il qu’à la fin du xve siècle il ne restait plus de cet immense édifice, complètement intact trois siècles auparavant, que les salles qu’on voit aujourd’hui et qui ont conservé le nom de Palais des Thermes

  1. L’enceinte de Philippe-Auguste partait, du côté du midi, du point correspondant à l’extrémité occidentale de la Cité, vers la rue des Grands-Augustins, et suivant à peu près le prolongement de cette rue, venait aboutir à la rue Hautefeuille, par l’impasse du Paon, longeait la rue Pierre-Sarrasin, traversait celle de la Harpe vers la rue du Sommerard, jadis rue des Mathurins-Saint-Jacques, et la remontait jusqu’à la place Saint-Michel. De là elle rejoignait la rue Saint-Jacques, entre les rues du Foin et du Sommerard, pour aboutir, par la rue des Noyers et entre les rues Perdue et de Bièvre, au port Saint-Nicolas, vis à-vis la pointe orientale de la Cité, dont il s’agissait avant tout de garantir les abords. Cette nouvelle enceinte restreignait considérablement la circonscription des jardins et dépendances du Palais des Thermes, telle qu’elle existait encore au commencement du xiiie siècle. On trouve dans les titres du xiie siècle la désignation bien positive de cet enclos, cité sous le nom de Clos de Lias ou de Laas, Clos du Palais (du mot Arx). Il était borné, du côté de l’orient, par les bâtiments du palais et par une voie romaine venant d’Orléans, traversant Issy, et qui, passant entre la Sorbonne et l’église Saint-Benoît, prenait, au-dessous de la rue du Sommerard, la direction de la rue Saint-Jacques jusqu’au Petit-Pont. — Du côté du nord, la Seine même formait sa limite, ce qui ajoutait à l’agrément de ses jardins. — À l’occident, sa limite résultait d’un canal dit la Petite-Seine, allant, du bas de la rue Saint-Benoît, baigner l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, et venait joindre la Seine à l’angle du quai Malaquais et de la rue des Petits-Augustins. — Au midi, il s’étendait jusqu’aux abords du Panthéon.