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XII
LE PALAIS DES THERMES

également d’origine ancienne ; deux d’entre elles proviennent du Mans et datent des premières années du xve siècle ; celle des trois âges de la vie conservait encore toutes les traces de peinture qui ont permis de lui rendre son aspect primitif ; la troisième a été rapportée de Troyes et constitue l’un des plus beaux spécimens de la sculpture décorative de l’école champenoise du xvie siècle.

Les galeries qui s’étendent à droite de l’ancien escalier de la Chambre des Comptes et dont l’une est consacrée aux collections des belles faïences de Lindos, acquises dans ces dernières années à l’île de Rhodes, sont d’installation récente et donnent accès dans l’ancienne aile droite de l’Hôtel de Cluny, affectée aujourd’hui aux faïences italiennes. C’est dans la plus grande de ces galeries, celle nouvellement édifiée au-dessus de la remise des voitures et qui prend jour sur le jardin de la rue du Sommerard, qu’a été remontée dans les premiers jours de l’année 1881, la belle cheminée de la rue de la Croix-de-Fer, à Rouen, récemment acquise par le Musée et que décorent les charmants bas-reliefs de l’histoire de la Santa Casa. Toutes les autres salles du premier étage ont été rétablies dans leur état primitif par la suppression des cloisons modernes qui y avaient été élevées par les derniers propriétaires afin de les convertir en appartements de location ; elles s’étendent sur toute la façade de l’Hôtel en prenant jour d’un côté sur la cour d’honneur et de l’autre sur les jardins, auxquels on arrive par un charmant escalier à jour après avoir traversé la chambre dite de la Reine Blanche et la Chapelle.

La Chambre de la Reine Blanche qui a conservé ce nom en souvenir du séjour qu’y fit Marie d’Angleterre, veuve du roi Louis XII, pendant la durée de son deuil, en janvier 1515, porte encore la décoration peinte au xvie siècle, telle qu’elle a été retrouvée sous l’épaisse couche de papiers de tenture qui lui avaient été superposés depuis cette époque. Les peintures mises au jour lors des travaux d’installation du Musée n’ont été que rafraîchies et rappellent les motifs des ruines antiques de l’Italie. Au milieu est une sorte de fronton destiné probablement à l’encadrement d’un baldaquin, et de chaque côté se trouvent des médaillons et des cartouches ornés de guirlandes et d’animaux chimériques ; ces peintures semblent l’œuvre des décorateurs italiens qui ont parcouru la France dans les