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XIV
LE PALAIS DES THERMES

struite en dessous de la chapelle et qui en forme, pour ainsi dire, l’étage inférieur, est une des parties les plus curieuses de l’Hôtel. Un pilier central, destiné à soutenir celui de la chapelle, supporte la voûte aux arcades ogivales ; il est surmonté d’un chapiteau sur lequel sont sculptés en haut relief le K couronné du roi Charles VIII que l’on retrouve sur les balcons de la façade principale, puis les armes et écussons des d’Amboise, attributs des fondateurs ; ce chapiteau est donc, pour ainsi dire, la pierre de consécration de l’édifice.

Du côté des jardins, la façade de l’Hôtel est d’une architecture plus sévère, les galeries à jour n’existent pas et la toiture fait saillie sur les bâtiments ; les lucarnes sont néanmoins richement travaillées à jour, ainsi que l’extérieur de la chapelle qui présente une grande élégance de forme jointe à une véritable richesse d’ornementation. La demi-coupole, qui se présente en saillie et que supporte le grand écusson des d’Amboise soutenu par deux chérubins, est un type de charmante fantaisie ; les gargouilles en forme de dragons et les plombs historiés et couverts de devises, sont encore en parfait état de conservation et n’ont subi aucune restauration.

La Cour plantée d’arbres, qui, de la chapelle basse, s’étend jusqu’au Palais des Thermes et sur un côté de laquelle a été réédifié dans les derniers temps le portail de l’église Saint-Benoît retrouvé sous la façade du théâtre du Panthéon, était, lors de la fondation du Musée, encombrée de constructions modernes, qui ont été démolies et qui ont permis de rétablir la communication directe qui existait jadis entre les deux monuments.


En entrant dans la grande salle des Thermes, on est saisi du majestueux aspect et des proportions admirables de ce gigantesque édifice. L’architecture en est simple ; la construction se compose d’un appareil carré, mêlé de chaînes de briques superposées symétriquement. Les voussures sont d’une grande hardiesse et les seules sculptures servant de décoration à cette immense salle consistent en des proues de navires qui terminent chacune des retombées de la voûte, et constituent le point de départ des emblèmes de la Ville de Paris.

Cette salle, qui forme un vaste parallélogramme, était le frigidarium, ou salle des bains froids du Palais. À côté, se