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XXIII
SUR L’ÉTAT DES COLLECTIONS

la même cathédrale appartenant aux xive et xve siècles, les précieuses châsses de la collection Soltikoff dispersée en 1861, les unes de travail français, les autres signées par le célèbre orfèvre de Nuremberg, Hans Greiff en 1472 ; les grandes croix processionnelles, la belle crosse en filigrane enrichie de pierreries et montée à Limoges au xive siècle, — celle en argent aux armes des Montmorency, — la grande nef de table de l’empereur Charles Quint avec les figures émaillées, très importante pièce d’orfèvrerie dans laquelle la mécanique joue un rôle important, — les fermails de chapes, — les ostensoirs, — les reliquaires de toutes formes, parmi lesquels celui de l’église Saint-Martin de Nuits, — les coffrets de mariage, — les aiguières, — les miroirs damasquinés d’or, — les cornes à boire, — les ceintures décorées et montées en argent doré, du xive siècle, de la collection Soltikoff, — les bagues, — les petites croix de suspension, — la belle pièce d’orfèvrerie connue sous le nom de « prix de l’arbalète », etc., — en un mot, une réunion nombreuse et complète, pour ainsi dire, de ces beaux objets si rares de nos jours, en raison même de la matière, et qui représente la grande et belle industrie de l’orfèvrerie civile et religieuse, industrie qui a brillé d’un vif éclat pendant les siècles qui nous ont précédés.

C’est encore dans cette série et à son point de départ qu’il faudrait placer le beau Torques gaulois, ceinture en or massif trouvée en février 1854 sur la commune de Cessons près de Rennes, — le Trésor gaulois découvert en 1856 à Saint-Mars-le-Blanc, dans la même contrée, et qui consiste en une collection de bracelets, de chaînes et d’anneaux d’or plein, enfouie par quelque orfèvre du temps, et enfin les magnifiques bracelets en même métal trouvés en février 1866, à Mongobert près de Villers-Cotterets, et qui ont été cédés à l’Hôtel de Cluny par M. le comte de Cambacèrès.

La section de l’orfèvrerie s’est accrue, on le voit par ce bref aperçu, d’une manière considérable et les monuments que nous venons de signaler bien sommairement, ont une importance de premier ordre pour l’Hôtel de Cluny devenu aujourd’hui l’une des plus riches collections en ce genre. Quelques-uns de ces monuments sont sans analogues dans aucune des galeries publiques de l’Europe et leur acquisition a été un véritable service rendu à l’étude de l’archéologie,