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XXIX
SUR L’ÉTAT DES COLLECTIONS

dernier Français par ses alliances bien que d’origine italienne, — sont aujourd’hui à l’Hôtel de Cluny. Elles portent les armoiries, insignes et légendes des grands maîtres ; deux d’entre elles présentent en outre leurs figures en pied et en haut relief. Cette acquisition qui n’a pas été conclue sans difficulté en raison des règlements qui régissent l’île de Rhodes et interdisent l’exportation des monuments anciens, a pu cependant être menée à bonne fin, grâce au concours qui nous a été prêté par le ministère des affaires étrangères et notre ambassade à Constantinople, et elle complète d’une manière inespérée la collection des œuvres de Lindos qui a été de notre part l’objet de plusieurs années de recherches assidues.

En résumé, comme il est facile de s’en convaincre par le rapide exposé qui précède, la direction du Musée des Thermes et de l’Hôtel de Cluny n’a laissé échapper aucune occasion d’enrichir les collections qui lui sont confiées ; pas une vente ne s’est produite, pas un cabinet connu n’a été dispersé sans que le Musée en ait recueilli quelques riches épaves. Et tout récemment encore, Monsieur le Ministre, lors de la vente de San Donato à Florence, à laquelle vous nous aviez donné mission de nous rendre, deux des plus belles pièces de la collection Demidoff nous étaient adjugées dans d’excellentes conditions, grâce au concours que m’ont prêté nos nationaux présents à la vente, qui, mus par un sentiment auquel je suis heureux de rendre hommage, se sont unanimement abstenus de surenchérir du moment où je me suis porté acquéreur pour notre Musée de Cluny. Ces deux pièces étaient d’une importance hors ligne pour nos collections ; l’une, la grande croix processionnelle ornée d’émaux translucides, de belles figures en repoussé d’argent et de cabochons en cristal de roche est, sans conteste, l’une des œuvres les plus remarquables de la grande école d’orfèvrerie du commencement du xive siècle ; l’autre qui résume à elle seule, sous la forme d’un élégant cabinet vénitien, tous les arts en honneur au xvie siècle, peinture, sculpture, architecture, marqueterie, n’a de similaire dans aucune collection publique et sera d’un précieux enseignement pour nos artistes. Ces dernières acquisitions dont vous avez bien voulu me témoigner personnellement votre satisfaction dans la visite que vous avez bien voulu faire à l’Hôtel de Cluny le jour de leur arrivée, ont reçu du public un accueil