Page:Dumas - Le Comte de Monte-Cristo (1889) Tome 4.djvu/128

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LE CABINET DU PROCUREUR DU ROI.


Laissons le banquier revenir au grand train de ses chevaux, et suivons madame Danglars dans son excursion matinale.

Nous avons dit, qu’à midi et demi, madame Danglars avait demandé ses chevaux et était sortie en voiture.

Elle se dirigea du côté du faubourg Saint-Germain, prit la rue Mazarine, et fit arrêter au passage du Pont-Neuf.

Elle descendit et traversa le passage. Elle était vêtue fort simplement, comme il convient à une femme de goût qui sort le matin.

Rue Guénégaud, elle monta en fiacre en désignant, comme le but de sa course, la rue du Harlay.

À peine fut-elle dans la voiture, qu’elle tira de sa poche un voile noir très épais, qu’elle attacha sur son chapeau de paille ; puis elle remit son chapeau sur sa tête, et vit avec plaisir, en regardant dans un petit miroir de poche, qu’on ne pouvait voir d’elle que sa peau blanche et la prunelle étincelante de son œil.

Le fiacre prit le Pont-Neuf, et entra, par la place Dauphine, dans la cour du Harlay ; il fut payé en ouvrant la portière, et madame Danglars s’élançant vers l’escalier, qu’elle franchit légèrement, arriva bientôt à la salle des Pas-Perdus.

Le matin, il y a beaucoup d’affaires et encore plus de gens affairés au Palais ; les gens affairés ne regardent pas beaucoup les femmes : madame Danglars traversa donc