Page:Dumas - Le Comte de Monte-Cristo (1889) Tome 4.djvu/144

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c’est que M. de Monte-Cristo, d’où il vient, où il va, et pourquoi il parle devant nous des enfants qu’on déterre dans son jardin.

Villefort prononça ces mots avec un accent qui eût fait frissonner le comte s’il eût pu les entendre.

Puis il serra la main que la baronne répugnait à lui donner et la reconduisit avec respect jusqu’à la porte.

Madame Danglars reprit un autre fiacre, qui la ramena au passage, de l’autre côté duquel elle retrouva sa voiture et son cocher, qui, en l’attendant, dormait paisiblement sur son siège.




XI


UN BAL D’ÉTÉ.


Le même jour, vers l’heure où madame Danglars faisait la séance que nous avons dite dans le cabinet de M. le procureur du roi, une calèche de voyage, entrant dans la rue du Helder, franchissait la porte du n° 27 et s’arrêtait dans la cour.

Au bout d’un instant la portière s’ouvrait, et madame de Morcerf en descendait appuyée au bras de son fils.

À peine Albert eut-il reconduit sa mère chez elle, que commandant un bain et ses chevaux, après s’être mis aux mains de son valet de chambre, il se fit conduire aux Champs-Élysées, chez le comte de Monte-Cristo.

Le comte le reçut avec son sourire habituel. C’était une étrange chose : jamais on ne paraissait faire un pas en avant dans le cœur ou dans l’esprit de cet homme.