Page:Dumas - Le Comte de Monte-Cristo (1889) Tome 5.djvu/105

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tête par les cheveux ; Caderousse avait les yeux fermés et la bouche tordue. L’assassin le crut mort, laissa retomber la tête et disparut.

Alors Caderousse, le sentant s’éloigner, se redressa sur son coude, et, d’une voix mourante, cria dans un suprême effort :

— À l’assassin ! je meurs ! à moi, monsieur l’abbé, à moi !

Ce lugubre appel perça l’ombre de la nuit. La porte de l’escalier dérobé s’ouvrit, puis la petite porte du jardin, et Ali et son maître accoururent avec des lumières.




VI


LA MAIN DE DIEU.


Caderousse continuait de crier d’une voix lamentable :

— Monsieur l’abbé, au secours ! au secours !

— Qu’y a-t-il ? demanda Monte-Cristo.

— À mon secours ! répéta Caderousse ; on m’a assassiné !

— Nous voici ! du courage.

— Ah ! c’est fini. Vous arrivez trop tard ; vous arrivez pour me voir mourir. Quels coups ! que de sang !

Et il s’évanouit.

Ali et son maître prirent le blessé et le transportèrent dans une chambre. Là, Monte-Cristo fit signe à Ali de le déshabiller, et il reconnut les trois terribles blessures dont il était atteint.

— Mon Dieu ! dit-il, votre vengeance se fait parfois