Page:Dumas - Le Comte de Monte-Cristo (1889) Tome 6.djvu/216

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— Malheureux ! s’écria Mercédès, ne me parlez pas ainsi ; si je croyais que Dieu m’eût donné le libre arbitre, que me resterait-il donc pour me sauver du désespoir !

Monte-Cristo pâlit légèrement et baissa la tête, écrasé par cette véhémence de la douleur.

— Ne voulez-vous pas me dire au revoir ? fit-il en lui tendant la main.

— Au contraire, je vous dis au revoir, répliqua Mercédès en lui montrant le ciel avec solennité ; c’est vous prouver que j’espère encore.

Et, après avoir touché la main du comte de sa main frissonnante, Mercédès s’élança dans l’escalier et disparut aux yeux du comte.

Monte-Cristo alors sortit lentement de la maison et reprit le chemin du port.

Mais Mercédès ne le vit point s’éloigner, quoiqu’elle fût à la fenêtre de la petite chambre du père de Dantès. Ses yeux cherchaient au loin le bâtiment qui emportait son fils vers la vaste mer.

Il est vrai que sa voix, comme malgré elle, murmurait tout bas :

— Edmond, Edmond, Edmond !




XVI


LE PASSÉ.


Le comte sortit l’âme navrée de cette maison où il laissait Mercédès pour ne plus la revoir jamais, selon toute probabilité.