Page:Dumas - Le Comte de Monte-Cristo (1889) Tome 6.djvu/234

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— Enfant, qui ne sait pas encore ce que c’est que la promesse d’un homme… Je vous ai dit vingt fois que ce jour-là, si vous vouliez encore mourir, je vous aiderais, Morrel. Adieu.

— Vous me quittez ?

— Oui, j’ai affaire en Italie ; je vous laisse seul, seul aux prises avec le malheur, seul avec cet aigle aux puissantes ailes que le Seigneur envoie à ses élus pour les transporter à ses pieds ; l’histoire de Ganymède n’est pas une fable, Maximilien, c’est une allégorie.

— Quand partez-vous ?

— À l’instant même ; le bateau à vapeur m’attend, dans une heure je serai déjà loin de vous ; m’accompagnerez-vous jusqu’au port, Morrel ?

— Je suis tout à vous, comte.

— Embrassez-moi.

Morrel escorta le comte jusqu’au port ; déjà la fumée sortait, comme un panache immense, du tube noir qui la lançait aux cieux. Bientôt le navire partit, et une heure après, comme l’avait dit Monte-Cristo, cette même aigrette de fumée blanchâtre rayait, à peine visible, l’horizon oriental, assombri par les premiers brouillards de la nuit.




XVII


PEPPINO.


Au moment même où le bateau à vapeur du comte disparaissait derrière le cap Morgiou, un homme, courant la poste sur la route de Florence à Rome, venait de dé-