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PROPOS LITTÉRAIRES

tait pas à la portée de tout le monde, mais elle explique qu’il pût tant fournir. Son point de départ, c’était la soirée, et c’est à savoir se coucher tôt. Jamais n’aller dans le monde, jamais n’aller au théâtre. Voilà le point de départ. Grâce à cela, il était levé à cinq heures du matin et pouvait travailler « pour lui », pour ses travaux littéraires, jusqu’à neuf heures. A neuf heures, il déjeunait légèrement, et ce déjeuner léger lui permettait parfaitement d’attendre le dîner de sept heures ou sept heures et demie.

Ce régime, que quelques-uns jugeront antihygiénique, mais qui lui fut parfaitement inoffensif pendant quarante ou cinquante ans, lui permettait, à ces heures où Paris vous laisse tranquille, de onze heures à trois heures, d’abattre une besogne immense, et, à partir de trois heures jusqu’à sept, de se livrer en proie à toutes les commissions, réunions, audiences, conférences ministérielles, que l’on voulait. Après son dîner, il ne s’occupait que de ses petits-enfants ou d’une lecture légère, je veux dire superficielle.

C’est ainsi que fut menée la vie la plus active, sans aucune fièvre, que l’on ait peut-être jamais vue et que l’administrateur le plus dévoué au « service » et qui peut-être en inventait plutôt, trouva le temps d’écrire plusieurs livres de patientes recherches, de haute pensée et de beau style.

Ce que l’on connaissait le moins de lui, comme je