Page:Feydeau - Un fil à la patte, 1903.djvu/15

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée



Marceline, avec conviction

Ma sœur !… Oh ! non ! elle n’est pas capable de faire ça !… Elle a la nature de mon père ! c’est une femme de principes ! si elle avait dû le faire, (changeant de ton.) je le saurais au moins depuis deux jours.


Firmin, persuadé par cet argument

Ah ! alors !…


Marceline, se levant

Et puis, quand cela serait ! ce ne serait pas encore une raison pour ne pas être debout à midi et quart !… Je comprends très bien que l’amour vous fasse oublier l’heure !… (Minaudant.) Je ne sais pas… je ne connais pas la chose !


Firmin

Ah ?


Marceline

Non.


Firmin

Ah ! ça vaut la peine !


Marceline, avec un soupir.— Qu’est-ce que vous voulez, je n’ai jamais été mariée, moi ! Vous comprenez, la sœur d’une chanteuse de café-concert !… est-ce qu’on épouse la sœur d’une chanteuse de café-concert ?… N’importe, il me semble que, si toquée soit-on d’un homme, on peut bien, à midi !… ! Enfin, regardez les coqs… est-ce qu’ils ne sont pas debout à quatre heures du matin ?… Eh ! bien alors ! (Elle se rassied sur le canapé.)