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L’Hôtel-Dieu de Rouen, construction du siècle dernier, ne manque pas d’un certain caractère ; les lignes droites de son architecture ont quelque chose de sage et de recueilli. Situé à l’extrémité de la rue de Crosne, quand on vient de l’intérieur de la ville, on voit se dresser en face de soi la large grille cintrée, toute noire, derrière laquelle s’étend une cour plantée de tilleuls alignés ; au fond, et sur les côtés, les bâtiments.
La partie occupée jadis par mes grands-parents forme une aile ; on y accède par une entrée indépendante de l’hospice ; à gauche de la grille centrale, une porte haute s’ouvre sur une cour où l’herbe pousse entre les vieux pavés. De l’autre côté du pavillon, un jardin formant angle sur la rue, encaissé à gauche par un mur couvert de lierre et cerné à droite par les constructions de l’hôpital. Ce sont de hautes murailles grises, trouées de petites vitres derrière lesquelles viennent se coller des figures maigres, la tête ceinte d’un linge blanc. Ces silhouettes hâves, aux yeux creux, dénotant la souffrance, ont quelque chose de profondément triste.
La chambre de Gustave était située du côté de la cour d’entrée, au deuxième étage. La vue s’étendait sur les jardins de l’hôpital, dominant le faîte des