Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 1.djvu/289

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 24l auiourd’hui, je les ai reçues toutes deux et la petite fleur avec. Merci cle l’idée de la mitaine. Si tu pouvais t’envoyer toi-même avec! Si je pouvais te cacher dans le tiroir de mon étagère qui est. la a côté de moi, comme je t’enf`ermerais a clef! Allons, ris! Aujourdhui je suis gai, je ne sais pas pourquoi; la douceur de tes lettres de ce matin me passe dans le sang. Mais ne me conte plus des lieux communs comme celui—ci`: que c’est l’argent qui m’a empêche d’êtré heureux; que, si favais _ travaillé, i'aurais été- mieux. Comme s’il suffisait d’être garçon apothicaire, boulanger ou négociant en vins pour ne dpas s'ennuyer ici-bas! Tout cela m’a été trop it par une foule de bourgeois pour que je veuille l’entendre dans ta bouche : ça la gâte; elle n’est pas faite pour cela. Mais ie te sais gré dapprouvbr mon silence littéraire. Si je - dois dire u neuf`, quand le temps sera venu il se dira de lui—même. Oh! que je -voudrais faire de grandes œuvres pour te plaire! Que je voudrais te voir tressaillir et mon style! Moi qui ne désire pas la gloire (et plus naïvement que le renard de la fa le), je voudrais en avoir pour toi, pour te la jeter comme un bouquet; afin que ce soit une caresse de plus et une litiere douce _ où s’étalerait ton esprit quand il rêverait a moi. Tu me trouves beau; je voudrais être beau, je voudrais avoir des cheveux bouclés, noirs,tom— A bant sur des épaules d'ivoire, comme lesadoles- cents grecs gie voudrais être fort, pur. Mais quand _ je me regar e dans la glace et que je pense que tu miaimes, je me trouve d’un commun révoltant. Tai les mains dures; les genoux cagneux et la 16 `

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