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. SOUVENIRS INTIMES. XXVII ` _ favorite était la terrasse adossée à la roche et bordée d'un côté par de vieux tilleuls taillés droits comme une gigantesque muraille. Elle menait a un petitpa- villon de style Louis XV dont les fenétres donnaient ` . sur la Seine. Bien souvent, par lesisoirs d’été, nous nous asseyions tous sur le balcon aux gracieuses cise- lures et nous restions cles heures calmes, l’écoutant causer; la nuit venait petit _a petit, les derniers fpas- I sants avaient disparu; sur le chemin de halage en ace, . la silhouette d’un cheval, traînant un bateau qui glis- — sait sans bruit, se distinguait a peine, la lune com- mençait abriller, et ses mille paillettes, comme une fine poussière de diamant, scintillaient a nos pieds; une vapeur légère envahissait la riviere, deux ou trois barques se détachaient du rivage. C’étaient les pê- cheurs d’anguilles qui se mettaient en route et jetaient leurs nasses. Ma grand’mére, trés délicate, toussait, · mon oncle disait : all est temps de retourner a la B0- _ vary.» La Bovary? qu’était-ce?- Je ne savais pas. Je respectais ce nom, ces deux mots, comme tout ce qui venait de mon oncle, je croyais vaguement que c'était synonyme de travaiiler, et travai ler, c’était écrire, bien entendu. En effet, c’est pendant ces années, de 1852 à 1856, qu'il composa cette œuvre. · Nous allions rarement au Pavillon aprés le dé- . jeuner. Fuyant le soleil du midi, nous montions a un endroit surnommé « le Mercure » à cause d’une statue · de ce dieu qui jadis l’ornait. C’était une seconde . avenue située au-dessus de la terrasse, et a laquelle _ conduisait un sentier charmant tres ombragé; de vieux if`s aux formes bizarres sortaient du rocher, montrant a nu leurs racines et leurs troncs déchiquetés; ils sem- blaient suspendus ne tenant que par de minces radi- celles aux parois éboulées de la côte. Tout en haut de l'allée, a une sorte de rond-point, un banc circu- laire se cachait sous des marronniers. `A travers leurs _ branches, on `apercevait les eaux tranquilles et au-