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DE GUSTAVE FLAUBERT. 1 3 3 avons reçu des An lais voyageurs sous notre tente. Nous leur avons oêlert la pipe et —le café et échangé toutes sortes de politesses. Le lendemain, course a cheval dans l’intérieur du désert; photographie, · notes. Le vent, la nuit, donnait des coups dans notre tente co1n1ne dans la voile d’un navire. Notre V A lanterne brûlait suspendue au milieu; les chevaux, attachés a des piquets, soultlaient. Giuseppe, — l,éCl1l]]OlI`C à la main, marmitonnait la cuisine, et autour de leurs feux nos Arabes chantaient des litanies ou écoutaient un d'entre eux raconter une histoire. Pour dormir, ils Font des trous dans le sable avec leurs mains et se couchent dans ces sortes cle Fossescomme des cadavres. On ne sort pas ici des tombeaux, des momies, des débris de toute espece ; la terre des environs de Saklcara est litté- ralement composée d'ossements humains. Pour arranger la bride de mon cheval, mon saïs (valet de pied qui court devant les chevaux) a pris un . os, en guise d’autre chose. Le sol, en cet endroit, est ellondré par des souterrains qui étaient des nécropoles. ` A Memphis nous avons campé au bord d'un lac, dans un bois de palmiers, pres du colosse de Sésostris étendu sur le ventre dans la boue. ll ne reste rien de Memphis. ll n’y a que des palmiers, M quelques troupeaux de chèvres, une belle herbe verte et, ça et là, quelque pauvre Arabe qui fuit a toutes jambes devant vous quand vous galopez vers lui. Je ·m’aperçois que les Francs sont Fort respectés. Nos armes et le souvenir de Napoléon ësont pour beaucoup; mais il faut dire 'aussi que eaucoup d'olliciers de l’armée du pacha sont des _ Français et que les pauvres diables ne savent ia-