Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/22

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1 6 CORRESPONDANCE l chose de vague et de doux, comme pour un rêve d'autrel`0is qu’on aime encore u0iqu’on ne l’ait plus. Alors, quand tu en serasqla, je reviendrai; je serai meilleur peut-etre, et toi plus sage. · · Mais ne pense pas, je t’en prie, je tien supplie, · ne pense jamais que j’a1e jamais voulu ni t’hu- milier ni te railler, et qu’il y ait eu en moi ironie, V dédain ou intention de te laire soullrirl Non, non, mille lois! J e ne parle pas de moi; je mets ici de côté ce que je pense, ce que je sens. Il ne s'agit que de toi. Réiléchis-y. Je peux'te voir quelques heures, dans quelques jours. Ce serait peu. Puis, je serai longtemps sans revenir. Je ne te donne pas de conseil parce que tu accuserais soit mon 1ndiH`é- ' , rence, soit mon amour d'y être intéressés. Fais ce ' que tu voudras; mais ensuite ne m'accuse plus; accuse-toi. Un temps viendra, si tu vieillis, ou tu decou- vriras de la tendresse dans ce qui te semble cruel, et de la délicatesse peut-être à ce que tu trouves outra eant. . Acëeu, adieu; si le ciel était juste, il te donne- rait le bonheur que tu n’as pas trouvé en moi. Y a-t-il à boire dans un verre vide? 191. À ERNEST CHEVALIER. I i Croisset. Mercredi, 28 avril 1847. . J e pars demain matin pour Paris, et samedi (je commence mon voyage de Bretagne. Avant e

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