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DE GUSTAVE FLAUBERT. 2.23 des Turcs! ll est de mauvaises gens, tout a fait durs, savez-vous bien? brutaux comme des mu- lets. » Hier nous l’avons vue comme ses maîtres lui faisaient prendre un bain de mer. Son pauvre petit corps noir etait la tout nu, sur la plage, les pieds dans l’eau, en plein soleil, avec sa tête noire frisée et un grand anneau d'ar ent passé à son cou. Ils l’ont savonnée avec/du sable, et d’une si rude façon que la peau lui saignait. Apres quoi on l’a V entree dans leau et rincee comme un caniche. Alors j’ai pense aux jeunes personnes d’Europe qui sortent avec leurs mères, ont des maîtres, A _ 'ouent du piano, lisent des romans, les pieds dans leurs pantoufles brodées., ll y avait aussi avec nous une bonne Alsacienne qui va a Jérusalem rejoindre son fiancé qui tient une manufacture de vers a soie, et de plus un étudiant allemand. lfetudiant allemand a rencontre sa compatriote à Marseille, il l'accompa ne et la protège. Ces deux braves gens avaient acâete a Alexandrie une bou- teille de vin qui, dans l'embarqueme,nt, s’etait ega- rée et dont ils paraissaient fort inquietsà Cétâit comme flaomme aux bottes de la uirn arde e' Fécamp : «ne sentez-vous pas les lî>ttes?» l..’etu— diant disait a tout le monde : « Ne foyez-vous pas. une pouteille de fin? Cbosef, ne cbentez-fous pas une pouteille de fin ? » Enfin on a fini par de- ` ` couvrir la fameuse bouteille qui roulait au fond de la barque, sous une de nos cantines. En voyant le danger qu'elle avait couru, son propriétaire en a ecarquille les yeux sous ses lunettes. C’etait une polissonne de bouteillegrande comme un broc, _ et qui contenait bien dix ai quinze litres. Ils avaient — emporté ça pour le « foyacbe ».