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DE GUSTAVE FLAUBERT. 2 5 Sache donc une fois pour toutes que jamais je ne me suis moqué de toi ( je ne me suis jamais moque de personne si ce n'est de moi peut-être), et que — tu n'as pas été ma dupe. .le_crois n'en avoir encore · fait aucune. Je l’ai quelquefois été au contraire. Me moquer de toi, et pourquoi? Non, rassure-toi, . rassure-toi et, si tu doutes de mon amour, ne doute pas du moins de mon respect. Le mot peut te paraître ridicule, mais il est d'une vérité intense et prol°onde. Oui, ton amour à toi m’inspire du respect parce qu'il me paraît singulièrement beau - et singulièrement surnaturel. Tu m'accuses cl'or- gueil; tout le monde me juge de même. Elu bien! accepte cette confidence : avant toi, je n’ai as été aimé. En secret, je n’en sais rien; mais ali fait, ' non, jamais. Tu es la première et laseule que gaie vue m aimer comme toi, d une manière aussi ou- loureuse et partant aussi solide. J e t’aime avec les restes de mon cœur que d’autres amours ont de- voré jusqu’au dernier fil, et je m'émeus d'une commisération amère, d’une tendresse âcre, à sentir que je n’ai que cela pour satisfaire l’appétit de ton ame. Comme l’or est creux, tu m'accuses. Accuses—en la vie elle-même, qui est un triste régalflu m’as ôté une opinion que j’avais : c'est qu une Femme ne pouvait s’éprendre de moi et garder cette manie longtemps, ce qui me semblait impossible. Mais ljiainierais mieux être resté dans - cette conviction. t pourtant je sens que t’ôter de moi ce serait m’ôter trop. Restes-y donc. J e voulais te parler de mon voyage, mais j’aime mieux te parler de toi et de nous. A quoi cela m’avancera-t-il ce vo_ya e? A être un peu plus triste cet hiver. Ah! pas de scâeill ljombre est trop noire _