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DE GUSTAVE FLAUBERT. 27 que mon amour se soucie- peu de toi, il serait gé- ‘ nereux et juste toutefois de penser que mon amitié ~ peut s’en inquiéter. As-tu voulu m'oublier par le silence'? Mais un mot au moins! un mot qui me dise : «Je ne veux plus songer a toi, adieu». Je n’aurais rien dit. Est-ce que ma derniére lettre t’a · encoreblessée? T’a-t—elle lroissée de nouveau? Toute ma conduite envers toi est comme serait celle d'un chirurgien qui panserait ses malades avec des gantelets de ler aux·mains. Toutes les fois que je rn approche de toi, ie te déchire; alors je recule et tu me rappelles — tu me rappelais du moins —- et je reste, impuissant et triste, acontempler le mal auquel je ne puis rien et que je gémis de ne pouvoir alléger. Eh bien oui, s’il y a dans mon - cœur quelque chose de doux, c’est pour toi. Je `te voudrais heureuse.il..’homme tel que je le rêve pour toi, j’irais te le chercher au ciel s’il _y était niché et s’il y avait une échelle pour _v monter. ~ Souvent maintenant, quand je marche silencieux I pendant des heures entières, soit dans les sentiers de la campagne au milieu cles blés, —soit en pous- sant mes pas sur le sable, et que j’écoute les coquilles se casser sous mes souliers et la mer souffler sa cadence au large, ton idée me revient, elle me suit, elle m'accompagne. Je revois ton I visage, je me, demande ce que tu fais, ce que itu penses, si c est l’heure ou tu sors..l et puis, comme, de toi, ma pensée revient sur moi-même, jîen deviens plus triste, plus sombre, i’en suis emu... et je maioute : allons! elle a peut-être fait tout a l’heure un beau vers, elle le relit avec en- _ thousiasme, elleest heureuse, pour cette minute du moins; que les autres lui coulent pareilles! 4