Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 3.djvu/159

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A DE GUSTAYE FLAUBERT. r 53 les gens de lettres par la vérité même. Mais a quoi bon? ll vaut mieux reporter tout cela dans une œuvre longue; et puis, s’établir arbitre du beau et du laid me semble un rôle odi_eux. A quoi ça mène-t-il, si ce n’est ai poser? A Je lis en ce moment pour ma Bovary un livre qui a eu au commencement de ce siecle assez de I réputation, « Des erreurs et des prejugës ré amlus dans la societé », par Salgues. Ancien rédiacteur _ · du Mercure, ce Salgues avait été à Sens le provi- seur du college de mon pere. Celui-ci l'aimait beaucoup et Fréquentait ai Paris son salon ou l’on recevait les grands hommes et les grandes garces d’alors. Je lui avais toujours entendu vanter ce bouquin. A ant besoin de quelques préjugés pour le quart dlieure, je me suis mis ai le feuilleter. Mon Dieu, que c’est faible et léger! léger surtout! Nous sommes devenus très graves, nous autres, et comme ça nous semble bête, l’esprit! l l Ce livre ` en est plein (d'esprit)l Mais en des sujets sembla- bles nous avons maintenant des instincts luistori- ques qui ne s’accommodent pas des plaisanteries, et ` un fait curieux nons intéresse plus qu’un raison- nement ou une jovialité. Cela nous semble fort enfantin que de déclamer contre les sorciers ou · la baguette divinatoire. lfabsurde ne nous choque ' pas du tout; nous voulons seulement qu’on Vexpose, et quant ai le combattre, pourquoi ne pas com- · _ battre son contraire, qui est aussi bête que lui ou tout autant? ll y a ainsi une foule de sujets qui m'embêtent également par n’importe quel bout on les prend. (Cest qu’il ne l`aut pas sans doute prendre une idée par·un bout, 1nais par son milieu). Ainsi

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