Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 3.djvu/267

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I DE GUSTAVE FLAUBERT. 261 Comme l’article de Pelletan est bête! ]’en` ai été (ceci n’est pas une façon de parler) plus indzlgrné que de celui d'Enault. Quenos ennemis disent du mal _ de nous, c’est leur métier; mais que les amis en disent du bien sottement, c’est pis. ll avait à faire un article sur un poeme et c’est de cela d'abord qu'il s'inquiete le moins. Il se prélasse ai faire des phrases, prend toute la place pour lui, copie deux . passages, bavache un éloge et signé. O critiques! , éternelle médiocrité qui vit sur le génie pour le A déni rer ou pour l’exploiter! race de hannetons ` qui cléchiquetez les belles feuilles de l’Artl Si l’Em- _pereur demain supprimait l’imprimerie, je ferais un voyage a Paris sur les genoux et- firais lui baiser le cul en signe de reconnaissance, tant je suis las de la typographie et de l’abus qu’on en A . fait. Echignez-vous donc a faire un pa sage; ' mettez « cette hirondelle qui vient battre de son vol le front de..leanneton mourante, etc. » Tout cela, traduit et vanté par un ami, s’appellera «la · Parque implacable»; la Parque pour dire la mort! t Et c’est un gaillard du progres qui s’exprime ainsi, ` un citoyen qui dénigre l'antiquité! Comme c’est peu senti, cet article! Pas un mot de l’Art, de la ‘ ' forme en soi, des procédés d’eH`et. Quelle sacrée canaille! .l’écume! Tous ces gens forts (voila encore un mot : homme fort!), ces farceurs a idées don- nent bien leur mesure lorsqu'il_s se trouvent en face de quelque chose de sain, de robuste, de net, d’humain. lls battent la campa ne et ne trou- A vent rien et dire. Ah! ce sont bien la les hommes de la poésie de Lamartine en littérature et du gou- vernement provisoire en politique : phraseurs, poseurs, avaleurs de clair de lune, aussi incapables