Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 3.djvu/27

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DE GUSTAVE FLAUBERT. zx o tu verras cela. Une pitié me prend toujours au ~ début de ces histoires, quandcje les contemple. Le premier baiser ouvre la porte és larmes. Quels sont ces récitsm? Cest bien difficile en, vers_, une narration. Le drame est arrêté? Tant mieux. .l'ai connu un tempsoù tu en aurais fait déjà deux actes. Réflécbis, réfléchis avant d’écrire. Tout dépend de la conception. Cet axiome du grand Gœtbe est le plus simple et le plus merveilleux » résumé et précepte de toutes les œuvres d’art pos- sibles. l . ll ne fa pas manqué que la patience jusquîà pré- sent.] e ne crois pas que ce soit le génie, la patience ; V mais c’en est le signe quelquefois et ça en tient lieu. Ce vieux croûton de Boileau vivra autant ue qui que ce soit, parce qu'il a su faire ce qu’il a dit. `Dégage-toi de plus en plus, en écrivant, de ce qui n’est pas de l’Art pur. Aie en vue le modèle, tou- jours, et rien autre chose. Tu en sais assez pour pouvoir aller loin; c’est moi qui te le dis. Aie foi, ' aie foi. Je veux (et j’y arriverai) te voir t'entbou- siasmér d’uné coupe, d'une période, d’un rejet, de la forme en elle-même, enfin, abstraction faite du sujet, comme tu t’entbousiasmais autrefois pour le sentiment, pour le cœur, pour les passions. l..'Art est une représentation , nous ne devons pen- A ser qu’à représenter. II faut que l'esprit de l’artiste , soit comme la mer, assez Vaste pour qu'on n’en voie pas les bords, assez pur pour que les étoiles du ciel s’_y mirent jusqu'au fond. II me semble qu’il y a dix ans que je ne fai vue. I (2) Poeme de la Femme, en six parties : La Paysanne, la Prin- cesse, la Prostituée, la Femme superieure, la Sewante, la Bourgeoise.

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