Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 3.djvu/419
· DE GUSTAVE FLAUBERT. ax; _ ` celle de Gagne. Ou est-elle? ll est vrai que je ne l’ai point cherchée. Les tiennes, cher amour, em- plissent tout un carton. Elles sont. ai part avec les petits objets qui viennent de toi. .l’ai revu la ranche verte qui était sur ton chapeau at notre premier voyage at Mantes, les pantoufles du lpre- mier soir et un mouchoir a moi, .l’ai ien envie de t’embrasser ce soir. Je mets mes levres sur les tiennes et je t’etreins du lus profond de moi-même, et partout. A la fin db mois prochain _ nous nous reverronsl Voici une année qui vient. A l’autre jour de l’an, si je ne suis pas encore a Paris, jy aurai du moins mon logement, car je , vois qu’il faudra s’y prendre de bonne heure a cause de I’Exposition. Du reste, la Bovary avance. La est faite et je la laisse, parce que je commence à faire des bétises. Il faut savoir s’ar- réter dans les corrections, d’autant qu’on ne voit _ pas bien les proportions d’un passage quand on est resté dessus trop longtemps. .l’attends Bouilhet A avec anxiété pour lui lire ce qu’il ne connaît pas. Sa derniere lettre etait des plus tristes. Ce que i’avais prévu arrive, Paris l’assombrit. Mais je m’en vais tâcher de lui remonter le moral, comme dirait mon pharmacien. A l’heure qu'il est, il doit êtreuj ' arrive ai Rouen et se livrer avec Léonie ai des violents et reitérés, a 1noins que la Sylphide ne* ` lui ait pris tout son suc. · Rien n’est plus vrai que tout ce que tu dis dans _ ta derniere lettre sur les femmes qui viennent chez . toi. Sois sûre qu’elles sont toutes jalouses de ta , - personne et qu’au fond la'Sylphide t’execre. Cela estdans l’ordre. Elle fera tout son possible pour te brouiller avec Bouilhet. Les femmes ne veulent L