Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 3.djvu/42

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3 6 CORRESPONDANCE V 546. _ À LA MÉME. ‘ [Croisset] Nuit cle jeudi, I_l1Cl1l"C [8 octobre 1852]. ` V La lettrem (incluse dans la tienne de ce ma- tin) m’a fait un singulier eflet. Malgré moi, tout cet apres-midi, je ne pouvais m’empecher de reporter mes yeux dessus et d'en considérer . l’écriture. Je la connaissais pourtant, mais d’où ' vient qu’elle ne m'avait jamais causé cette impres-_ sion? C’est sans doute le sujet et la personne . ai qui elle était adressée qui en sont cause. Cela me touchait de plus pres. Il a dû en eilet être llatté et, quelque banales qu’il ait l’habitude de _ . donner ses louanges, celles-ci doivent être sin- ' ceres. As-tu remarqué comme cette lettre écrite au courant de la plume est bien taillée de style, comme c’est carré, coupé? Je n’ai pu 1n'empe— cher, dans mon contentement naît, de la montrer à ma mere qui l’a aimée. Veux-tu que je te la renvoie? Mais je crois, dans les circonstances actuelles, qu’il vaut mieux que je la garde. Mon vieux culte en a été rafraîchi. On aime a se voir bien _traité par ceux qu'on admire. Comme ils seront oubliés, tous les grands hommes du jour, ' quand celui-la encore sera jeune et éclatant! ,' Madame Didier me paraît une femme d’un esprit borné, elle et les républicains ses amis; A braves petites gens qui nous ont versés dans la boue et qui se plaignent de la route, les voila maintenant qui gueulent comme des bourgeois (1) Lettre cle Victor Hugo.

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