Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 3.djvu/44

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3 S CORRESPONDANCE un ange (un cœur d’élite, etc,). Nous ne som1nes ni monstres ni anges. Je voudrais voir un esprit aussi élevé que le tien, chere Louise, dégagé de ce préjugé que tu partages. Vous ne nous pardonnez ` jamais,Avous autres, es filles, et toutes tant que ‘ vous étes, depuis les prudes jusqu’aux-coquettes, ` vous vous heurtez toujours a cet angle-la avec une obstination fougueuse. Vous ne comprenez rien a . la Prostitution, a ses poésies ameres, ni a l’immense oubli qui en résulte. Quand vous avez couché avec un homme, il vous reste quelque chose au cœur, mais à nous, rien. Cela passe, et un homme de quarante ans, pourri de vérole, peutarriver a sa maîtresse plus vierge qu’une jeune femme a son premier amant. N’as-tu pas remarqué les juvéni- lités sentimentales des vieillards'? Étre jalouse des filles, c’est` l’étre d’un meuble. Tout se confond en effet dans un océan dont toutes les vagues sont pareilles. Mais vous, vous avez encore vos fleuves taris qui murmurent et dont les courants détournés s’entre-croisent dans l’ombre sous le branchage , nouveau. Si tu voulais, je te ferais faire des pro- grés dans la connaissance de notre sexe, que je ne soutiens nullement, mais que j’e3<plique; il en est ' de cette question-la comme de celle de Paris et de la province. Quand on me dit du mal de fun aux dépens de l'autre, j’abonde toujours dans le sens · de celui qui parle et j’ajoute, en finissant, que je peqse exactement la même chose de l'autre partie ` en iti e. .le lis les voyages du Présidentm; c’est splen- dide. Il faut (et il s’y prend bien) que l'on. en O) Réception grandiose du Prince Président à Strasbourg.

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