Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 4.djvu/31

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher

DE GUSTAVE FLAUBERT. 2; tenant que le samedi est ton jour de rédaction et que tu n’as pas eu sans doute le temps de m’écrire. · propos de ton journal, sais-tu ce que fai lu ce matin, at mon réveil, dans le Journal de Rouen ? Ton article de dimanche dernier. On m’apporte ladite feuille, pliée de telle façon que la premiere chose qui frappe ma vue est le nom de ce «bon Leo- nardl1)». Je jette les yeux sur le reste et ye recon- nais la chose. Tout y est, depuis lVl“‘° Récamier - iusqu’aux fleurs d’eau, froides au toucher comme · les nénufars. Est-ce singulier? Et combien les braves redacteurs du Journal de Rouen, pillant de droite et de gauche, se doutent peu qu’1ls m’en- voient mes phrases! Cela m’a fait repasser devant _ moi tout dimanche dernier. le me sentais encore _ écrivant au COIH de ton feu, gêne par mon pan- talon, par mon rhume et mon habit, tout en _ ~dev1sant avec cette estimable Lageolais, qui a de- (1) lfarticle auquel Flaubert. fait allusion a paru dans le Journal de Rouen du I9 février 185+,_en•fin de feuilleton, à la suite d’un ` compte rendu theâtral. ll est intitule « Modes de Paris » et n’est pas îipné, ll contient le recit d’un bal dlenfants donné autrefois . par °" Rëcamier à l’Abba_veîau-Bois, et auquel assistaient Cha- teaubriand, le duc de Broglie, Guizot, les enfanu de Victor l·lugo,'de Marceline Desbordes-Valmore, etc. «Léonard» était un tapâssier en renom établi dans l’1mmeuble même qu’0ccupait jadrs °‘° Recamier, rue de ·Sevres; l’article fait a Leonard une obligeantereclame. Or Louise Colet habitait alors 20, rue de Sèvres., (presque en face de l’Abbaye-au-Bois et elle avait ete reçue ja is c œ Mm Récamier; elle était bien lacée par consé- quent pour évoquer le souvenir de celle-ci et leslocataires actuels · C sa maison. La derniere allusion faite parlslaubert aux afleurs d’eau» se refere à ce passage du Journal de Rouen : «D’autres coiffures de bal... sont formées d'un feuillage emprunté à di- verses plantes aquatiques. . . Elles imitent SI par attement la nature quîon dirait qu elles sont froides au toucher comme le nénuphar qui flotte sur nos lacs.» [Note de Rene Descharmes (édition ' antandrea).]

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils