Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 4.djvu/39

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« DE GUSTAVE FLAUBERT. gg mine triomphantede Bouilhet. Ellets diH`erents de causes pareilles, à savoir: l’amour, le tendre amour, etc., comme dit Pangloss. Si Delisle pre- nait la vie (ou pouvait la prendre) par le même · bout que l’autre, il aurait ce teint frais et cet ai- mable aspect qui t’ébahit. Mais je lui crois l’esprit empêtré de graisse. Il est gêné par des super- fluités sentimentales, bonnes ou mauvaises, inu- tiles a son metier. Je l'ai vu sindigner contre des œuvres ai cause des mœurs de l’auteur. II en est encore à rêver l’amour, la vertu, etc., ou tout au · moins la vengeance. Une chose lui manque : le sens comique. Je défie ce garçon de me faire rire, et c’est quelque chose, le rire : c’est le dédain et la compréhension mêlés, et en somme la plus haute manière de voir la vie, « le _ropre de l’homme», comme dit Rabelais. Car les chiens, les loups, les chats et généralement-toutes les bêtes à poils, pleurent. Je suis de l'avis de Mon- J taigne, mon pere nourricier : il me semble que nous ne pouvons jamais être assez méprises selon ` notre mérite. J'aime à voir Fhumanité et tout ce qu’elle respecte, ravale, bafoué, honni, sifllé. Cest par la que j’ai quelque tendresse (pour les ascé— tiques. La torpeur moderne vient u respect illi- mité que l'homme a pour lui-même. Quand je dis respect... non : culte, fétichisme. Le rêve du I socialisme, n'est-ce pas de pouvoir faire asseoir V Fhumanité, monstrueuse d’obésité, dans une niche toute peinte en jaune, comme dans les gares de chemin de ler, et u’elle soit la a se dandiner sur ses couilles, ivre,qbéate, les yeux clos, digérant son déjeuner, attendant le dîner et faisant sous elle? Ah`] je ne crèverai pas sans lui avoir craché JV. 3

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