Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 4.djvu/44

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3 S CORRESPONDANCE V ‘ services nous seraient inutiles. l..’all`aire est en bon train et a quatre-vingt-dix-neuf chances sur cent de reussir. On a découvert un tas de choses farces et ignobles, entre autres celle-ci : son oncle, un brave homme, établi, piété, considéré, portant bre- loques et favoris, chauve comme il convient ai un penseur et ventru comme il sied à un sage, une tête, enfinl eh bien, cet excellent monsieur vole son neveu de la manière la plus canaille. Il a fait · souscrire à ce malheureux pour 75 mille francs de billets et liavoué est arrivé juste à temps pour empécher la fabrication d’un acte qui allait le ruiner net. II l’est déja aux trois quarts et, apres avoirpeu douze mille livres de rentes a lui (sans compter la fortune de sa femme), il ne lui restera _ eut-être pas, d'ici ai six mois, mille écus de rente. È/oilà où mene l'amour de l’alcool exagéré. ‘ Planchelll ne reparaît plus chez lui, car il n’y a ` plus rien à manger et peu à boire. Ce que tu me dis de la lecture des Fossiles a Pichat et à Maxime ne m'a nullement surpris. Bouilhet ne m'en a pas parlé; il ne m’écrit que de simples billets. Ils sont tous, ces braves gens-la, dans un milieu tellement bruyant qu’il eur est impossible de se recueillir pour écouter, d’abord. Puis, quand même ils eussent écouté, c'est la une de ces œuvres originales qui ne sont pas Faites ` pour tout le monde. l..'observation de Du Camp : - « Quel malheur que les betes ne soient pas nom- ii méesl » prouve qu’il a perdu toute notion de (1) Critique cl’art et de littérature. ll publia, sous le titre de Portraits et Nouveaux portraits littéraires, une réunion cl’essais sur . ' les principaux écrivains de son temps. Il était très lié avec M. Ha- mard, beau-frère dc Flaubert. A