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` h DE GUSTAVE FLAUBERT· 39 style. La « supériorité de l'idée sur la description » est de même architecture. On en est arrivé main- tenant a une telle faiblesse de goût, par suite du ré- gime débilitant que nous suivons, que la moindre boisson forte stupéfiait ( sic) et étourdit. Voilà deux cents ans que la littérature française nla pris ' l'air; elle a fermé sa fenêtre à la nature. Aussi le vent des grands horizons oppresse-t-il d'étouFf`e- ments les gens d’esprit! ll m’a été dit, il y a cinq ou six ans, un mot profond par un Polonais, ai propos de la Russie : « Son esprit nous envahit déjà». ` ll entendait par là l’absolutisme, l’espionnage, I l’hypocrisie religieuse, enfin l’antilibéralisme sous toutes Ses formes. Or nous en sommes la en litté- rature aussi. Rien que du vernis, et puis le barbare en dessous : barbarie en gants blancs! pattes de cosaques aux ongles décrassés! pommade ai la A rose, qui sent la chandelle! Ah! nous sommes bas! et il est triste de faire de la littérature au ` xix° siecle! On n'a ni base ni écho; on se trouve plus seul qu’un Bédouin dans le désert, car le · Bédouin au moins connaît les sources cachées sous le sable; il a l’immensité tout autour de lui et les aigles volant au-dessus. Mais nous! Nous sommes comme un homme qui tomberait dans le charnier de Montfaucon, sans bottes fortes : on est dévoré par les rats. Cest pour cela qu'il faut avoir des bottes fortes, et à talons hauts, a cl_ous pointus et a semelles de fer, pour pouvoir, rien qu’en marchant, écraser. Adieu, mille bons baisers, je (embrasse encore. A toi tout. Ton G.