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DE GUSTAVE FLAUBERT. 155 Musigny, Falaise; retour par Mézidon et Lisieux. Tu n’imagines pas la beauté de ce pays. Dom- front m'a rappelé Constantine. C’est à faire exprès le voyage. Que de sujets pour un pitre- paiysaîgetc. Je placeraiB0uvard et Pécucbct entre la vallée de l'Orne et la Vallée d'Auge, sur un pla- teau stupide, entre Caen et Falaise; mais il Faudra que je retourne dans cette région quand j’en . serai, à leurs courses, archéologiques et géolo- giques, et il a- de quoi s’amuser. Les bords de l’Orne, de Condé-sur-Noireau à Caen, sont on ne peut plus... pittoresques! (pardon du mot). Partout des rochers, et de place"en place une grande falaise au milieu de la verdure. Nous nous sommes trimbalés en guimbarde, nous avons mangé dans des cabarets de campagne et couché dans des auberges classiques. J ’ai initié mon com- pagnon (1) à l’eau-de-vie de cidre, et il en a rem- porté une bouteille chez lui! On n’est pas meil- leur garçon ni plus attentionné. Il ne partira pas avec moi, mais il viendra me chercher. C'est demain matin que `e quitte Croisset. J 'ai aujour- d'hui été à l'HôtellDieu. L’opération a jusqu’à présent très bien réussi. Il est sûr que Julie verra d’un œil, et quant au second, c’est probable. Elle m’a tout de suite demandé de tes nouvelles, avantmême de me parler de sa santé. En l’aper- cevant dans son lit, avec un bandeau qui lui ca- chait la figure et ne découvrait que le menton, le souvenir de notre pauvre vieille m’est revenu, et j’ai comprimé un gros sanglot. Comme je la re- grette, ma chere Carol J ’ai songé a elle tout le .(I) Edmond Laporte.