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- DE GUSTAVE FLAUBERT. 163 n’entendre point la plaisanterie sur sa religion! Il ne se calme pas, au contraire! J e viens de lire la Creation naturelle de Haeckel; joli bouquin, joli bouquin! Le darwinisme m’y ` semble plus clairement expose que dans les livres de Darwin même. Le bon Tourgueneff m'a envoye de ses nou- velles du fond de la Scythie. Il a trouvé le ren- seignement qu’il cherchait pour un livre qu'il va faire. Le ton de sa lettre est folatre, d'où je con- clus qulil se porte bien. ll sera de retour a Paris dans un mois. . ll y a quinze jours, j’ai fait un petit voyage en Basse-Normandie, où j'ai découvert enfin un en- droit propice a loger mes deux bonshommes. Ce sera entre la vallée de l’Orne et la vallée d’Auge, .l’aurai besoin d’y retourner plusieurs fois. · Dès le mois de septembre, je vais donc com- mencer cette rude besogne. Elle me fait peur, et j'en suis d'avance écrasé. Comme vous connaissez la Suisse, il est inutile que je vous en parle et vous me mépriseriez si je vous disais que je m'y embête a crever. .l’y suis venu par obéissance, parce qu’on me l’a ordonne, · pour me derougir la face et me calmer les nerfs! J e doute que le remède soit efficace; en tout cas, il m’aura ete mortellement ennuyeux. J e ne suis · pas l'l20mme de la nature et je ne comprends rien aux pays qui n’ont pas d’histoire. Je donnerais tous les glaciers pour le musee du Vatican. Cest là qu’on rêve. Enfin, dans une vingtaine de jours je serai recollé à ma table verte, dans un humble asile où vous m’avez l’air de ne plus vouloir venir! `