Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 7.djvu/274

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268 _ coRREsPoNDANcE s'occupent des' sciences! Cela ne vous lâche pas son homme comme la littérature. En, d’autres circonstances, ce pays m'aurait charme, mais la nature n'est pas toujours bonne à · contempler. Elle nous 1·enf`once dans le sentiment de notre néant et de notre impuissance. .l’ai des voisins de table qui sont des mortels heureux, de petits bourgeois du pays se livrant à la pêche de la sardine; ils ne parlent absolument que chasse et sardines, et passent tous les jours au moins six heures au calé! Ce qu'ils disent est inenarrable! Quel goullre que la bêtise humaine! I555. A LA PRiNcEssE MATHILDE. Dimanche [3 octobre 1875]. Concameau, Finistère, Hôtel Sergent. Vous ne croyez pas que je puisse vous oublier, Princesse! Mais à présent j’hêsite toujours a vous écrire, car fai peur de vous ennuyer par mes chagrins. Je ne veux pas vous en donner le détail. Sachez seulement qu'ils sont considérables. Je ne m'en relèverai pas, je me sens atteint presque dans les moelles et je me regarde comme un homme mort. Voilà le vrai. L’/Jonneur est sauf mais c°est tout, et l’h0nneur ne sullit pas pour vivre. A lci cependant, je vais mieux qu’a Croisset, je suis plus calme. La vie que je mène est celle d'une brute. Je dors, je mange, je me promène au bord de la mer, fêcoute les' discours idiots de mes