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NOTES DE VOYAGES.

ler et de Fovard chez Maxime ; on cause socialisme.

Adieux à Mme Pradier sur son escalier. Dimanche matin je vais attendre Bouilhet au chemin de fer. De dessus le pont en bois qui traverse la gare, je vois le train arriver. — Visite à Cloquet, où se trouve Pradier et son fils, devant lequel même il tient des propos indécents. — Visite à Gautier, que nous invitons à dîner. — Promenade avec Bouilhet à Saint-Germain-des-Prés et au Louvre (galerie ninivite). — Le soir dîner aux Trois-Frères Provençaux, dans le salon vert, L. de Cormenin, Théophile Gautier, Bouilhet, Maxime et moi. — Après le dîner, moi et Bouilhet chez la Guérin. Il donne rendez-vous à Antonia pour le 1er mai 1851, de 5 à 6 devant le Café de Paris ; elle devait l’écrire pour ne pas l’oublier. J’ai manqué au rendez-vous, j’étais encore à Rome, mais je voudrais bien savoir si elle y est venue. Dans le cas affirmatif (ce qui m’étonnerait), cela me donnerait une grande idée des femmes.

Maxime passe une grande partie de la nuit à écrire des lettres, Bouilhet dort sur sa peau d’ours noir ; le matin je le reconduis au chemin de fer de Rouen, nous nous embrassons, pâles ; il me quitte, je tourne les talons. Dieu soit loué ! c’est fini, plus de séparation avec personne, j’ai le cœur soulagé d’un grand poids.

Il y a encombrement chez Maxime, on déménage ses meubles, les amis viennent lui dire adieu ; Cormenin, assis sur une table, est noyé de larmes ; Fovard est le plus raide ; Guastalla, en pleurs et le pince-nez sur son nez : « Allons !