Page:Flaubert - Par les champs et par les grèves.djvu/98

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


gnage positif de leur passage (dont personne ne parle).

Ceux qui aiment la mythologie ont vu là les colonnes d’Hercule; ceux qui aiment l’histoire naturelle y ont vu une représentation du serpent Python, parce qu’au rapport de Pausanias, une réunion de pierres semblables placées sur la route de Thèbes à Elissonte s’appelait la tête du serpent, « et d’autant plus que les alignements de Carnac offrent des sinuosités comme un serpent». Ceux qui aiment la cosmographie y ont vu un zodiaque, comme M. de Cambry entre autres, qui a reconnu, dans ces onze rangées de pierres, les douze signes du zodiaque «car il faut dire, ajoute-t-il, que les anciens Gaulois n’avaient que onze signes au zo- diaque».

Un monsieur qui était membre de l’Institut a estimé que c’était le cimetière des Vénètes, qui habitaient Vannes, à six lieues de là, et lesquels fondèrent Venise comme chacun sait. Un autre a pensé que ces bons Vénètes vaincus par César élevèrent ces pierres à la suite de leur défaite, uni- quement par esprit d’humilité et pour honorer César. Mais on en avait assez des cimetières, du serpent Python et du zodiaque; on se mit en quête d’autre chose et on trouva un temple drui- dique. Le peu de documents authentiques que l’on ait sur cette époque, épars dans Pline et dans Dion Cassius, s’accordent à dire que les Druides choisissaient pour leurs cérémonies religieuses des lieux sombres, le fond des forêts «et leur vaste