Page:Floupette - Les Déliquescences, 1885.djvu/30

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


si cette révélation l’eût plongé dans le ravissement, pharmacien ! Alors vous êtes poète. Depuis les stupides démolitions d’Haussmann, les pharmacies seules, avec les omnibus, mettent encore dans les rues de Paris un charme et une poésie. Vos bocaux multicolores sont les vraies étoiles du ciel moderniste. Quant à moi, je suis un simple amateur, un homme du monde qui fait des vers ; je réclamerai toute votre indulgence ».

À côté de nous, la discussion était des plus vives. Floupette récitait à l’assistance des ternaires qu’il avait composés pendant son dîner, car décidément le fameux sonnet symbolique ne répondait pas à son attente. Il déclamait d’ailleurs admirablement et sa voix s’entendait d’un bout à l’autre de l’estaminet. J’ai retenu ce tercet :


Je voudrais être un gaga
Et que mon cœur naviguât
Sur la fleur du seringa.